dimanche 28 novembre 2010, par

Post-folk
C’est assez discrètement qu’est sorti cet album de Yann Tiersen. Sans doute que son image à mi-chemin entre le public fervent et plus limité de ses débuts et un succès populaire ponctuel n’aide pas. C’est d’autant plus dommage que cet artiste a déjà montré de fort belles choses. Rue des Cascades et Le Phare par exemple étaient magnifiques de mélancolie. C’est d’ailleurs de ces deux albums que sont tirés quelques morceaux de la musique d’Amélie Poulain qui a beaucoup fait pour sa reconnaissance. Puis il a évolué vers un format chanson plus direct, avec des collaborations de haut vol (Stuart Staples, Dominique A, Neil Hannon, Lisa Germano…). Parce que les plus grandes qualités de Yann Tiersen, ce sont ses talents de multi-instrumentiste, son don de mélodiste, et un carnet d’adresses de premier plan. Ce dernier est visiblement resté fermé, mais les deux premiers ont trouvé une nouvelle manière de s’exprimer.
Le ‘chapeau’ de l’article peut donc se concevoir dans l’acception littérale, dans la manière de Tiersen de faire autre chose que du folk. Ou alors dans la relecture personnelle qu’il arrive à faire du post-rock. Maintenant plus familier de ce style de niche, j’appréhende un morceau comme Dust Lane tout à fait différemment, comme un Godspeed apaisé. Même si les Canadiens n’auraient pas appuyé cette intensité d’un chant qui préfigure Noël. Ce n’est pas gênant, certes, mais l’absence ne se serait pas fait cruellement sentir.
Ces voix d’ailleurs constituent le sujet de perplexité de cet album. On a parfois l’impression, comme souvent dans certains morceaux post-rock, qu’elles ont été ajoutées en fin de processus de composition. Ca m’a frappé sur Chapter 19 ou Amy, sans que leur présence ne soit gênante signalons-le. Sur Till The end, ce chœur est bien plus gratifiant, et l’épellation de Palestine est aussi plus judicieuse.
Quand Dark Stuff sort les guitares, les roulements de batterie et les violons, on pense encore à ces indispensables Canadiens susmentionnés, même si le ton général est moins rêche et désolé. Des cris qui font aussi penser aux vieux Pink Floyd. Le post-rock, ce sont des ficelles (on a même du drone sur Till The End) tirées avec plus ou moins de talent. Et lui privilégie les montées à coups de roulements de batterie pas trop pompiers, de violon et d’une guitare qui exprime plus qu’elle ne rugit plutôt que sauter à pieds joints sur la pédale de distorsion. C’est en tous cas ces moments-là (Dark Stuff, Palestine, Till The End) qui sont pout moi les plus belles réussites. Ashes est plus conforme à son habitude, à ses mélodies mélancoliques, à ses instruments traditionnels. Pourtant, je l’ai ressenti comme un peu trop grandiloquent.
La dernière fois qu’on avait entendu parler de Yann Tiersen, c’était sur l’album Finistériens de Miossec. On peut donc reconnaître à Yann Tiersen une volonté de publier des œuvres variées. C’est le post-rock qui est son inclination du moment. La surprise est de courte durée, ses talents d’instrumentistes et de mélodistes pouvant s’exprimer aisément dans des plages plus longues, mélancoliques à souhait et privilégiant les moments d’intensité.
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