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Tennis - Cape Dory

lundi 24 janvier 2011, par Laurent

Pas gagné


Étant entendu que mes goûts tendent à diverger largement de ceux de notre lectorat cible, établis après trois études de marché et une campagne promotionnelle en béton armé, il va de soi que le premier album des Américains de Tennis risque de faire des émules dont je tiens à m’excuser d’avance de ne pas faire partie. Histoire d’éviter de vous faire perdre votre temps et le mien par la même occasion, je tâcherai de vous énumérer brièvement les raisons pour lesquelles je ne les classerai pas à l’ATP.

Premier set. Take Me Somewhere annonce le jeu avec sa resucée d’indie-rock nostalgique, doo-wop dopé au shoegazing domestique. Les Ronettes sans Phil Spector, les Shangri-Las sans les Sonics, jouant sur terre battue d’avance par manque de rebondissements. Deuxième service. Long Boat Pass propose un échange plus captivant de chœurs sucrés et de guitares en coup droit, avant que la chanson-titre ne monte au filet pour tenter le bon vieux twist à shalala. Ça commence à se voir. Out.

Deuxième set. Aucun revers à signaler. Marathon commence plutôt bien mais n’a pas besoin de courir 42 km en fond de court pour s’essouffler. Bimini Bay et Pigeon confirment la prééminence des slows tandis que South Carolina retente un ace sur fond de nervosité garage. Mais la voix surannée d’Alaina Moore est si prévisible dans son placement qu’un smash bien négocié finit toujours par avoir raison de ses wouhouhou, incapables de déstabiliser l’interlocuteur.

Troisième set. Difficile de croire que le double à la scène comme à la ville n’a pas d’autres atouts dans son jeu. Seafarer, malgré sa fluidité, ne fait plus tourner la tête du public. Baltimore, en moins de trois minutes pourtant, fait même trouver le temps long. Double faute. Pour son baroud d’honneur, Tennis sauve quelques balles de match avec Waterbirds, de nouveau en calmant le jeu. Mais la conclusion est sans appel : 6-2, 6-2, 6-1. Monté après tout le monde sur le terrain du revival sixties, Tennis n’a décidément rien pour surprendre. Pour le grand chelem, c’est pas gagné.

Article Ecrit par Laurent

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