mercredi 23 mars 2011

Vu du ciel
Une bonne mémoire et une montre, ce sont deux choses qui rendent service au scribouillard musical que nous sommes. C’est ce qui permet de retenir le souvenir d’un bon concert en première partie. C’était lors de la soirée du label Depot 214 (Cecilia::Eyes) chez qui ils sortent leur second album.
La musique instrumentale d’une manière générale est plus rétive à la critique, où du moins c’est ainsi que je l’appréhende. C’est particulièrement vrai pour cet album qui fait la part belle aux climats. Il serait facile de faire référence à la météo. Trop facile sans doute, c’est pourquoi je vais le faire, puisque que trouve que c’est une musique où on regarde passer les nuages, parce qu’un ciel bleu serein, ce n’est pas ce qu’il y a de plus intéressant à admirer ou à photographier.
Certains morceaux sont plus spectaculaires, mais plusieurs installent une ambiance trouble et légèrement tourmentée sans chercher la montée qui tue. Nox ne cherche pas à donner à tout prix une rampe de lancement à une hypothétique montée. C’est pourquoi on ne parlera pas de post-rock. Et s’il est difficile pour moi de ne pas évoquer Godspeed You ! Black Emperor, les plaisirs sont différents puisque l’attente (parfois très longue) d’un paroxysme terrifiant chez les Canadiens fait place ici à un climat installé par une structure assez claire, avec des passages soutenus par une rythmique. C’est ce qui rend le languide The Monsoon tellement gratifiant. Fait amusant, Monsoon est aussi un groupe où officie aussi la violoniste Catherine Graindorge.
C’est évidemment le violon qui monopolise l’attention, et le moins qu’on puisse dire est qu’il est à la hauteur de la tà¢che. Moins purement mélodique que chez un Yann Tiersen, il se combine en stries aux percussions pour une combinaison souvent gagnante. Il y a bien des voix, qui me renvoient à Jack (Doppler Effect et son intrigant Strange How country music/Reminded her of Egypt)
Prenante sans être emphatique, la musique de Nox dégage une classe certaine. J’ai été accompagné longtemps par cette musique qui se regarde le nez en l’air plutôt que dans le guidon.
http://www.myspace.com/noxtrio/
Il est étonnant qu’un style de musique à la fois ancien et de niche comme le krautrock a une vivacité et une variété bien actuelles. Une des incarnations les plus intéressantes était le projet d’Antoine Messager Pasqualini qui de trio redevient solo pour cet album.
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Les gens qui mettent en musique les films qu’ils ont dans la tête ne sont pas rares. A une liste qui contient déjà des noms comme Ô Lake ou Abraham Fogg, il conviendra d’ajouter ce multi-instrumentiste. Mais il se distingue aussi de ses correligionaires par l’emploi presque exclusif de sons organiques. Le résultat est donc exempt de beats (mais pas de rythme comme on le verra).
L’effet le (…)
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C’est éminemment subjectif mais quand j’entends un nom de formation comme ça, je suis déjà dans de bonnes dispositions. Lesquelles sont encore renforcées par le souvenir d’un premier EP qui posait de très belles bases.
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Brèche de Roland, ce nom étrange a résonné longtemps, malgré le temps qui passe et les centaines d’albums écoutés. C’est dire que cet EP avait marqué. Coraline Gaye revient sous son nom propre pour un premier album qui entérine définitivement un grand talent.
La chose qui frappe d’emblée et se confirme au long des écoutes est le relatif dépouillement qui laisse une grande place à sa voix, (…)