jeudi 14 juillet 2011

L’esprit grandes prairies
Il est souvent hasardeux de juger un flacon à son étiquette. Souvent, mais pas toujours. Quand sur la pochette du dernier album de William Elliott Whitmore des fermiers rentrent du foin, on peut raisonnablement penser qu’on n’aura pas affaire à de la musique qui évoque les tags, le métro et les embouteillages. Il faut dire qu’on connait ce chanteur, qu’on avait déjà plongé dans son folk rural et authentique, et apprécié les chansons simples et touchantes de son précédent Animals In The Dark
A mille lieux de l’imitation, d’Européens se fantasmant un midwest inexistant dans leur chambre du vieux monde (avec des réussites extrêmement variables), cet album sent le foin, la fumée du feu, le diesel du van, enfin tout ce qu’on est en droit d’attendre de l’authenticité. Pour que l’illusion soit complète dans le métro, il a même ajouté des chants d’oiseaux entre les morceaux. Parmi ceux-ci d’ailleurs, on n’en retrouve pas de plus ample et orchestré comme sur son précédent album (celui-ci est le huitième). Tout au plus a-t-on droit à une grosse caisse imperturbable en guise de rythmique (Don’t Need). Pour le reste, une guitare ou un banjo font l’affaire.
La voix est éraillée et grave tout juste comme il faut, avec le grain qu’il faut (un peu plus que le Springsteen acoustique). Et les paroles ne traitent pas de trafic de crack ou de l’opportunité de scission de l’arrondissement électoral de Tulsa-Wichita-Vilvoorde, mais de vie rurale, de rédemption, d’amours perdues.
Comme toutes les musiques trop typées et vite cernées, il serait tentant de ne montrer qu’une raillerie amusée. Pourtant, il y a ici une dose de morceaux qui prouve que la passion et la sincérité peuvent passer outre les modes, même si cette rugosité campagnarde est pour l’éternité à l’abri des affres de la hype. Sans doute qu’il existe des kilopelles de chanteurs semblables, là -bas, mais c’est celui-ci qui nous arrive et il est vraiment bon. Alors on l’accueille, on est comme ça. Bourbon ?
http://www.myspace.com/williamewhitmore
http://www.williamelliottwhitmore.com/
Phoebe Bridgers est une figure tutélaire assez imposante dans le landerneau des musiques apaisées. Certes, elle est elle-même moins omniprésente que dans un passé récent, mais son ombre plane sur énormément de projets, de Benni à Searows dont on découvre un second album après un EP qui nous avait bien tapé dans l’oreille.
Ceci est plus sombre peut-être, peut se poser en chainon manquant (…)
à‡a y est, la série de 6 EP de Tommaso Varisco est maintenant bouclée. Après deux premiers EP axés sur les concepts de guerre et paix (qui résonnent encore plus aujourd’hui), il a fait le tour des saisons pour terminer ici, renouant avec la veine folk-rock qu’on lui connaissait sur le toujours recommandable album These Gloves qui l’emmenait dans le nord, très dans le nord. On retrouve (…)
On a toujours apprécié les EP complémentaires, en tous cas bien plus que les rééditions augmentées sensées nous faire passer deux fois à la caisse avec du matériel connu. Les 29 minutes de ce Kid’s Table se profilent donc comme le prolongement idéal du Five Dice, All Threes de l’an passé.
Assez logiquement, il pratique la même veine riche et ample qui nous avait plus. A cet égard, la plage (…)
Sur le nom d’Elie Zoé n’a pas encore figuré sur ce site (à l’exception de trois brèves), on peut tout de suite le raccrocher à l’équipe de Coilguns. C’est en effet avec son collaborateur de toujours Louis Jucker qu’il a constitué un studio d’enregistrement pour ce nouvel album et le batteur Luc Hess est également de la partie. Constitué de récupération et situé chez Humus Records, cet (…)