Accueil > Musique > 2011 > Fionn Regan - 100 Acres Of Sycamore

Fionn Regan - 100 Acres Of Sycamore

vendredi 16 septembre 2011, par Marc

Lagarde et Michard


Il est évidemment bien trop tôt pour tirer des conclusions annuelles, mais c’est dans le rayon étendu du folk luxuriant et personnel que beaucoup de satisfactions me sont venues ces derniers mois. On pourra citer Einar Stray, Loch Lomond ou Tree Ring (et Other Lives pour montrer que je suis) dans cette caste. Dans le genre, le troisième album de l’Irlandais est d’un classicisme plus poussé, presque absolu. Comme paré pour le Lagarde et Michard.

De fantaisie il ne sera donc pas question, mais à vrai dire on s’en moque. Parce que la plage titulaire qui ouvre l’album ne permet pas le doute. Simple et poignant, relevé de violons qui mènent la danse, qui s’enroulent autour de la belle voix, forts de leur limpidité, c’est rien moins qu’un des morceaux forts de cette année. On convoque pour l’occasion la tendance plus fouillée de l’insurpassable Nick Drake. A ce niveau, il n’y a pas d’alternative, il faut être impeccable. Et dans le genre, l’Irlandais l’est indéniablement. La maitre anglais peut aussi servir de point de repère quand l’aspect plus acoustique est évoqué (Sow Mare Bitch Vixen).

Pour le lecteur (c’est vous) comme pour le scribouillard (c’est moi), il est ennuyeux de constater qu’il est difficile de commenter l’excellence. Parce que les morceaux sont beaux tout simplement (The Horses Are Asleep). Dogwood Blossom montre ainsi cette relation particulière que la musique peut établir d’âme d’artiste à âme d’auditeur.

Enlevez tout sauf la guitare et la voix, et il se débrouille comme un grand (North Star Lover, Dogwood Blossom). Mais il peut mettre un peu d’élégie et ça fonctionne aussi très bien (Vodka Sorrow). Ce grand écart a déjà été tenté et réussi par un Andrew Bird dont il a la grâce et l’élégance (The Lake District) sans vouloir en répliquer la flamboyance.

Golden Light pratique un exercice bien connu : faire le Radiohead. Dans le genre, on peut retrouver la simplicité désolée d’un Finn ou Perfume Genius. On n’a pas eu des masses d’Irlandais dans ces colonnes, et dans un genre plus polémique (oh ! si peu…), je dirais aussi que cet album a la grâce et la simplicité qui ont fait défaut à Villagers. On sent qu’un rien de sucre pourrait déstabiliser l’impeccable For A Nightingale mais il n’en est rien. On avait eu la sensation d’une éclosion de talent à confirmer avec Johnny Flynn l’an passé, on a carrément un album hors d’âge avec Fionn Regan. Voilà un album qui prend un aller simple sans retour pour le classement de fin d’année. Ce sera la seule concession faite à son intemporalité.

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

1 Message

  • Fionn Regan - 100 Acres Of Sycamore 16 septembre 2011 20:37, par Laurent

    Oh, wow... qu’est-ce que ça donne envie dis donc ! J’avais été si peu touché par le précédent que je m’apprêtais à passer bêtement à côté de celui-ci. Je répare l’erreur incessamment !

    repondre message

  • Dekker – I Won’t Be Your Foe

    On a une tendresse particulière pour ceux qui partent d’une matrice folk pour en faire quelque chose d’un peu différent, mine de rien. Parmi ceux-ci on comptait le duo Rue Royale dont un des membres revient en solo sous le nom de Dekker.
    Il s’en dégage un aspect cool et actuel qui plait immédiatement. Il profite notamment d’une haute tenue mélodique (Small Wins). Sa voix immédiatement sympathique, même en mode falsetto (Do It All Again). Et quand le tempo se fait plus soutenu, on entend un morceau (...)

  • Gabriiel – Treasure in The Garden

    Les artistes français pratiquant avec talent des genres folk et dérivés font partie des amis de nos oreilles. On avait déjà ajouté Gabriiel à Raoul Vignal ou The Wooden Wolf à la liste sur foi d’un prometteur premier EP. Evidemment, on est restés aux aguets pour le premier album et on n’a pas eu tort.
    La plage titulaire montre déjà une belle palette, avec ces cordes majestueuses et graves, de belles harmonies avec la choriste qu’on retrouvera tout au long de l’album et une sensation d’ampleur et la (...)

  • Barzin - Voyeurs in The Dark

    Si les rencontres avec Barzin sont plutôt espacées, les retrouvailles ont toujours été faciles. Il s’est en effet passé 8 ans depuis son dernier album. Le chanteur canadien a en tous cas mis à profit cet intervalle pour faire évoluer son univers.
    On ne retrouve donc plus vraiment d’arpèges acoustiques. Exit donc les ressemblances autrefois flagrantes avec Spain, remplacées par une légèreté de tous les instants qui est à la fois la force et la potentielle réticence. Force parce qu’on n’a plus (...)

  • Jem Bosatta – Loss + Love (EP)

    On avait reçu ces morceaux il y a un petit temps déjà, apprécié cette capsule intime et hors du temps. Et voici cet EP dans le monde avec une pochette est un peu trompeuse. On ne se doute pas à quel point on s’apprête à écouter des morceaux folk vraiment intemporels. L’artiste anglais installé à Berlin s’impose d’emblée comme un songwriter de haut vol.
    Comment susciter l’émotion sans avoir l’air de quémander des larmes de la part de l’auditeur ? C’est toujours difficile à dire mais ici il y a quelques pistes (...)