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Sol Invictus - The Cruellest Month

mardi 27 décembre 2011

Fascination


Il y a malaise et malaise. On avait évoqué récemment la délicieuse chatouille de l’album de Noël de Florent Marchet, c’est un tout autre niveau de malsain que la formation du jour se situe. Sol Invictus est un groupe que je range à part, sur une étagère de ma mémoire, entre Death In June et Current 93, groupes malsains, inclassables, fascinants. J’ai déjà évoqué ces trois groupes, mais pour Sol Invictus, c’est le plus gentil In The Rain qui avait été critiqué (le texte a presque quinze ans, soyez indulgent). J’ai passé une partie des années 90 en compagnie de groupes pareils, en plus de rattraper les incunables des années ’80, ce qui m’a permis de passer sans dommage à travers la mode grunge et la suprématie Fun Radio.

En 2011, ils restent à¢pres, comme en témoigne le chant de Tony Wakeford légèrement faux (Fools Ship) qui est devenu une marque de fabrique, tout comme le violon un peu à côté (Toys). L’effet est différent de la maladresse ou l’incompétence. Et on a beau dire que c’est un procédé, impossible de suffisamment se distancer pour ne pas être pris. Quand il lance un petit vibrato sur Cruel Lincoln, c’est flippant. Ce qui est assez normal pour une chanson qui n’aurait pas déparé les Murder Ballads de Nick Cave. Et quand une mélodie semble plus traditionnelle, elle est servie avec un décalage de mauvais aloi

Rythmes martiaux, violons synthétiques torturés, voix sépulcrales qui scandent des mantras, j’en connais beaucoup qui ne seront pas à la fête sur To Kill All Kings. Ce n’est pas pour rien qu’une des étiquettes accolées est apocalyptic folk. Pourtant, la plupart des morceaux de ce Cruellest Month ne sont à la base ni bruyants, ni agressifs ni même lents, et on rencontre même de la flà »te. Toute cette mise en scène n’est pas là pour le décorum, et certains morceaux peuvent directement s’assimiler (Something’s Coming, Blackleg Miner), ou être torturés juste comme il faut comme l’instrumental April Rain (la météo n’est jamais belle chez eux). L’intensité pourrait être comparée aux trips mystiques de groupes comme Woven Hand ou Possessed By Paul James (tout un programme). Et les thèmes restent toujours obscurs, entre Satan et Noddy (Oui-Oui en VF, on vous dit que ce sont des gens particuliers).

S’ouvrir l’esprit, c’est parfois aussi se confronter à des ambiances incompréhensibles. On ne peut pas parler de gothique ici, même si le côté sombre et crépusculaire n’échappera à personne. Habituellement, la musique de Sol Invictus est affaire de spécialistes, de connaisseurs de ce pré carré de groupes singuliers et interconnectés. Il ne tient qu’à vous de sauter le pas, de constater que l’herbe n’est pas plus drôle ailleurs, mais que certains groupes excellent à transmettre un état d’esprit, même si celui-ci est aussi éloigné que possible de l’esprit de Noël. Je ne vous cache pas qu’il est possible de s’en détourner immédiatement, mais la fascination est encore plus probable.

http://www.myspace.com/solinvictushq


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