Accueil > Musique > 2013 > Jean-Louis Bergère - Demain De Nuits De Jours

Jean-Louis Bergère - Demain De Nuits De Jours

jeudi 11 avril 2013, par Marc


Il ne faut pas confondre Jean-Louis Bergère avec Jean-Louis Bergheaud (mieux connu comme Jean-Louis Murat). Surtout si comme moi vous n’en aviez jamais entendu parler. Cependant, si cet article titille votre curiosité, il ne faudra pas longtemps avant qu’il ne vous paraisse familier. Parce que le troisième album du Français a toutes les chances de plaire à ceux qui ont porté leur attention sur les délicats artisans de la chose francophone, dont les premiers noms qui me viennent en tête sont Bastien Lalleman ou Bertrand Belin.

On demande plus à la chanson française de nous toucher avec des textes. Ceux de Jean-Louis ne m’ont pas transporté, même s’ils sont bien ciselés et ne tombent dans aucun travers connu. C’est surtout la musicalité de la voix et des arrangements qui m’ont plu ici. Mais s’ils ne veulent pas s’imposer de façon sentencieuse (et ne semble pas vouloir s’inscrire dans la suite d’encombrants anciens), il y a tout intérêt à aller vers eux, sans quoi on pourrait passer à côté du poignant Dans Mes Bras parce que la musique parait faussement lisse. Ce mélange fonctionne en tout cas. Le son reste assez clair, avec souvent de discrètes nappes de synthé (on pense à celles de Murat sur A l’Envers Le Monde) et de la pedal steel qui n’est pas utilisée comme dans la country.

Cependant, il suffit d’un peu de guitare pour prendre plus de relief sur Tout Ce Qui Nous Protège dont la voix qui s’emballe (un peu) m’a fait penser à Bertrand Cantat. Cet emploi de l’électricité n’est pas si différent de ce qu’en fait Joseph d’Anvers, surtout sur le plus sombre Atlantic Drive. Mais ces moments sont plutôt l’exception. D’une manière générale, c’est un album dont il faut appréhender la lenteur. Une fois accoutumés, on pourra se détendre sur de l’impeccable spleen de Demain De Nuits De Jours ou se lover au creux de Rien Ne Nous Sera Épargné.

C’est surtout cette propension à prendre une voix très grave qui est marquante, qu’il alterne même souvent d’une voix aiguë au sein d’une même phrase. Dorénavant, je ne pourrais plus confondre Jean-Louis Bergère avec aucun autre. Si vous êtes curieux et avides de découvrir de nouvelles voix dans notre langue, faites le détour par Angers.

http://www.jeanlouisbergere.com/accueil.php
http://www.myspace.com/jeanlouisbergere

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Marcia Higelin – Prince de Plomb (EP)

    La filiation en chanson française est un mal endémique presque équivalent à celui de la politique belge. Mais ce n’est pas le propos ici. Comme on est infichus de citer un titre de Jacques Higelin (son grand’ père), Arthur H. (son père) ou même Izia (sa tante ?), on est presque vierges à l’entame de ce premier EP de Marcia Higelin. Voyez ça comme un privilège de l’inculture.
    On est accueillis par un lit de cordes mais bien vite on se rend compte que c’est cette voix claire et forte qui est le point (...)

  • Edgär - Secret

    Quand les aspirations de deux membres d’un duo divergent, la séparation est souvent au bout. Mais ce n’est pas une fatalité, cette dualité peut aussi être une force. Dans le cas de Ronan et Antoine, cet entrechoquement est à la fois déroutant et stimulant. Tout comme l’emploi de l’anglais et du français au sein d’un même morceau. Même si musicalement, le ton ne change pas avec la langue, notre perception est différente. Appelez-ça un biais si vous voulez.
    On l’avoue, c’est voir ce lion et ce lapin danser (...)

  • Kloé Lang - Aimez-Moi

    Les albums d’hommage et de reprises ne sont pas rares, ceux qui reprennent deux artistes en parallèle le sont plus. La comédienne, réalisatrice et chanteuse franco-suisse Kloé Lang a ainsi jeté son dévolu sur Barbara et Janis Joplin sur ce qui semble être le volet discographique d’un spectacle qu’elle propose.
    On ne va évidemment commenter le fond des morceaux de Barbara, qui claquent toujours autant quel que soit l’interprète (s’il n’est pas Patrick Bruel ou Gérard Depardieu...). Et elle s’en sort (...)

  • Garz - Barré

    Si pratiquer une musique électronique et employer la langue française n’est pas une combinaison nouvelle, peu poussent autant le curseur vers un son fort que Matthieu Garczynski. Si ce nom nous était jusqu’ici inconnu, il a visiblement déjà une belle expérience. Et c’est d’emblée manifeste. Le morceau qui nous avait donné envie est Ça Va Mieux et il claque vraiment, le côté sarcastique fonctionnant en plein avec cette pêche. On retrouve cet allant sur Vie Irréelle qui nous accueille. C’est de la musique (...)