Accueil > Musique > 2013 > Ventura - Ultima Necat

Ventura - Ultima Necat

mercredi 22 mai 2013, par Marc

Le charme de la lourdeur


La musique forte, j’en écoute fort peu. Le rock suisse, ce n’est pas non plus ma spécialité. Mais l’occasion aidant, j’apprécie d’autant mieux cette dose forte et subtile. C’est malin, j’aime beaucoup mais les comparaisons, le vocabulaire me manquent pour faire plus que vous le conseiller. On va donc essayer de se débrouiller..

Comme beaucoup d’âmes sensibles, je peux supporter une forte dose de bruit si le chant n’est pas un cri. Vous aurez compris que ces morceaux sont orageux, plombés, et que la voix n’occupe pas les avant-postes. Bête conseil, c’est de la musique qui ne s’apprécie pas vraiment en sourdine. N’allez pas voir là un appel à l’acouphène, mais un volume vraiment faible ne laissera pas distinguer grand’ chose.

Tout est puissant ici, bien dosé. On pourrait trouver des similitudes avec de la dream-pop mais c’est beaucoup plus puissant, fort. La façon de mettre le chant en retrait dans le mix est une caractéristique marquante. Et si tout n’est pas au niveau, et on a parfois du shoegaze plus classique (Exquisite and Subtle) mais qui reste plus burné que ce qu’on est habitués à entendre. Le son fait beaucoup, et rien n’est vraiment défoulatoire, c’est justement ce qui est jubilatoire (Nothing Else Matters).

On a une progression. Tout d’abord un morceau instrumental qui semble une lancinante suite de riffs puis Little Wolf qui repart mais sur un format compact. Ce ne sont pas des vaguelettes, mais un Karcher en continu. Arrive alors la puissance d’Amputee qui arrive à tenir ses 11 :30 comme un grand. J’aime son côté lancinant, cette mélodie douce et un peu triste, ces arrêts pour mieux repartir. Ce n’est pas du post-rock avec une voix qui passait par là mais ça en a l’ampleur et l’ambition. Voilà, j’espère que cette vision profane vous aura aidé à vous décider. Parce que cette puissance n’est pas courante, et que j’espère que vous en profiterez aussi.

http://www.vntr.net/

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • The Missing Season - After Hours

    Sourions sous la pluie
    En cette époque de pléthore de sorties, le label reste un repère, un encouragement dont on a besoin comme impulsion. Le quintette rennais sort ainsi son album sur My Little Cab Records et c’est un gage de qualité quand comme nous on a aimé Boy & The Echo Choir, My Name Is Nobody ou Aetherlone très récemment.
    Apparemment, le groupe a commencé en tant que duo de musique folk, ce qui transparait un peu dans l’importance des mélodies et dans les voix jamais masquées par la (...)

  • Le « D » de l’ipoD

    Rattrapage hors-série
    Bon ben on y est là : l’année 2011 touche vraiment à sa fin et ça va très prochainement être l’heure des bilans, presque une fin en soi quand on a envie de se nettoyer la tête et de ne retenir, en vue d’un plus lointain avenir, que ce qui aura été digne des plus vives attentions. Histoire d’activer la liquidation des stocks disponibles, je voulais toucher un mot rapide sur cinq albums dont je n’ai jamais trouvé l’occasion de parler et qui, par un curieux hasard, se retrouvent tous (...)

  • Tennis - Cape Dory

    Pas gagné
    Étant entendu que mes goûts tendent à diverger largement de ceux de notre lectorat cible, établis après trois études de marché et une campagne promotionnelle en béton armé, il va de soi que le premier album des Américains de Tennis risque de faire des émules dont je tiens à m’excuser d’avance de ne pas faire partie. Histoire d’éviter de vous faire perdre votre temps et le mien par la même occasion, je tâcherai de vous énumérer brièvement les raisons pour lesquelles je ne les classerai pas à l’ATP. (...)

  • Esben & the Witch - Violet Cries

    On les a découverts l’an dernier avec un EP prometteur et un clip perturbant juste comme il faut. On les a vite associés à Tamaryn, pour cette même propension à titiller leur thanatos au sommet de murs distordus. On s’est plongé dans leur première aventure discographique longue durée sans trop savoir si on trouverait le chemin de la sortie. On a erré quelque temps en se disant que personne ne pouvait décemment concevoir ce genre de dédale anxiogène sans y cacher une clé. À défaut de mettre la main sur (...)