Accueil > Musique > 2005 > Björk : Matthew Barney’s Drawing retreat 9

Björk : Matthew Barney’s Drawing retreat 9

vendredi 11 août 2006, par Marc


Marre des groupes en ’the’ ? Des références eighties ? Du pop-rock dansant ? Le dernier Björk est ce qu’il vous faut. Musique du dernier film de son mari Matthew Barney,il s’agit du second exercice su genre pour l’Islandaise après Selma songs (bande-son de Dancer in the dark de Lars Von Trier et qui lui a valu une récompense à Cannes).

Les influences sont clairement à chercher au pays du soleil levant qui doit servir de décor au long-métrage.

Il ne faut pas l’aborder comme un album de Björk, encore moins comme la collection de chansons de comédie musicale qu’était Selma songs
Nous rencontrons ici de longs morceaux de cuivres (Hunter Vessel, Vessel Shimenawa) qui témoignent d’un joli talent de compositrice. On pense à certains passages de Atom heart mother de Pink Foyd, mais en bien moins pompeux (ne crions pas à l’exploit).

Si certains morceaux entièrement (Bath) ou partiellement (Storm) orchestrés à la bouche évoquent clairement Medulla, le dernier album studio de Björk, le reste en est assez éloigné. C’est même quelqu’un d’autre qui assure les vocalises du Gratitude qui ouvre cet album. Sur un fond de cloches assez complexes pour tout qui est plus habitué aux gammes occidentales.

A ce propos, les vocalises masculines de Holographic Entrypoint sont assez..heu... expérimentales. Il s’agit de musique difficile, témoignant d’une liberté totale dont Björk comptait bien disposer pour cette musique de film. Elle explore toujours plus avant les possibilités de cet art d’expression. Pour la plus grande joie des curieux mais au détriment des nerf des autres.
Comme dirait un réalisateur de nos connaissances : ’Faut voir mis’, c’est-à-dire avec le support de l’image, afin de vérifier si le propos est aussi barré que la musique. Mais comme le film est annoncé plus proche de l’art contemporain que du cinéma narratif traditionnel, la réponse coule de source.

Si vous êtes d’humeur pop, vous allez passer un moment éreintant. Si vous voulez un score plein de violons : passez votre chemin. Si vous voulez voir où en est Björk dans son inspiration créatrice, ceci est fait pour vous. (M.)

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Vimala Pons - Eusapia Klane

    Il est toujours étrange de se frotter à une musique qui se présente comme une simple composante d’un projet. Dans le cas qui nous occupe, ceci est un livre audio qui se veut le prequel d’un spectacle actuellement en tournée. Si le recul et la connaissance de la pièce nous manque, l’objet peut s’appréhender seul, rassurez-vous. Parce que l’histoire est indépendante notamment.
    Non, ce n’est pas qu’une déclamation illustrée (on ne vous en aurait sans doute pas parlé...) mais un vrai album court qui distille (...)

  • Abraham Fogg - Blåkulla

    On termine souvent la critique d’un EP en souhaitant en entendre plus. Vu que les deux morceaux qu’on connaissait d’Abraham Fogg étaient vraiment enthousiasmants, il va de soi qu’on s’est jeté sur ce premier album avec convoitise. On retrouve ces deux morceaux ici, gage de continuité et de revenez-y.
    Il est à noter que dans les éléments fournis avec l’album ce sont surtout les prix pour les courts-métrages qui sont mis en avant. Il est souvent plus compliqué d’appréhender les projets dont la musique (...)

  • Akira Kosemura - True Mothers (Original Motion Picture Soundtrack)

    C’est récemment qu’on a entendu parler du compositeur japonais Akira Kosemura, pour la musique d’une série inédite chez nous qui nous avait bien plu. Comme souvent dans cet exercice, on va se borner à parler de cette musique hors de son contexte cinématographique, comme une oeuvre indépendante qu’elle n’est pas.
    On le retrouve donc très vite pour la musique d’un film dont on n’a pas entendu parler mais qui est labellisé ‘Cannes 2020’, étrange marque d’un festival qui n’a pas eu lieu. La réalisatrice (...)

  • I Like Trains - A Divorce Before Marriage

    Les reportages sur les groupes de rock font souvent état de leur gloire, de longues tournées, des fans. Il semble que ce ne soit pas le cas pour A Divorce Before Marriage (que je n’ai pas vu) puisqu’il semble s’attarder sur la vie quotidienne de ceux qui ne sont pas des stars. Ça partait pourtant bien, avec une petite notoriété vers 2006. Et puis vlan, l’industrie musicale fait le plongeon et ce sont ces formations de taille modeste qui en font le plus les frais.
    Ils se redresseront pourtant, (...)