Accueil > Critiques > 2016

Villagers - Where Have You Been All My Life ?

lundi 25 janvier 2016, par marc


Sur les deux premiers albums de Villagers, le mélange fonctionnait entre les compositions et ‘écriture classique et talentueuse de Connor O’Brien et un habillage plus aventureux. Mais ces versions-ci semblent peut-être plus conventionnelles dans leur intention mais paraissent aussi mieux coller à leur nature. Serait-ce l’amorce d’un revirement qu’on avait déjà du reste ressenti lors de la sortie de son intime et fort réussi Darling Arithmetic ? Après avoir emmené sur les routes ces morceaux déjà bien consistants, ils ont en effet ressenti le besoin de leur donner de nouveaux atours à ces chansons.

Cet album étant déjà bien consistant, et il semble étrange de réenregistrer des morceaux récents dans des versions pas trop différentes. Pourtant, leur traitement ici est plus consistant, et parfois même encore plus beau, comme pour Darling Arithmetic ou la très belle fin d’Everything I Am Is Yours. Le titre de cet album fait référence aux paroles de Soul Serene qui est une des relectures les plus réussies. Comme il le dit sur Courage.

Took a little time to get where I wanted/Took a little time to get free

Pour les morceaux issus des deux premiers albums, la différence est plus marquée évidemment. The Waves est ainsi plus intime. La première version étant enrichie de ‘blip-blips’ caractéristiques et un peu incongrus en première écoute. Il arrivait tout de même à en tirer une bien belle intensité et si vous voulez mon avis, ce n’est pas la dernière version qu’on entend de ce morceau à l’immense potentiel. Et ce n’est pas une version de feu de camp qu’on entend parce que la prise d’intensité est magnifique. Pour ceux qui connaissent, il y a l’impression d’aborder un nouvel album dont certaines mélodies seraient déjà dans l’oreille et on retrouve avec plaisir That Day ou Set The Tigers Free. Memoir quant à lui est un morceau écrit par O’Brien pour Charlotte Gainsbourg et jamais enregistré par Villagers.

Après le temps des expérimentations et celui d’un classicisme dépouillé, sans doute est-ce le temps de la synthèse pour Villagers. Il semble en tout cas prêt à oser se mettre au plus près de son écriture, à donner une forme plus ample, plus sage peut-être mais qui donne une très grande envie de connaitre la suite. On ne l’a pas connu pour ses constants revirements de style et de production mais force est de constater que ces versions-ci semblent dans l’ensemble plus convaincantes. Evidemment, il peut compter sur une sélection de morceaux déjà bien charpentés et écrits. Si vous ne connaissez pas encore ce que fait ce songwriter de premier plan, pourquoi pas aborder sa discographie par ce biais.

    Article Ecrit par marc

Répondre à cet article

  • The Divine Comedy – Rainy Sunday Afternoon

    Découverts la même faste année 1994, Pulp et The Divine Comedy constituent toujours des repères 31 ans (ouch...) après. Le hasard veut qu’ils nous reviennent tous deux en 2025, dans une bonne forme qui semble imperméable au passage du temps.
    Le côté résolument hors du temps, hors de ce temps plutôt, facilite sans doute la prise d’âge de la musique de Neil Hannon. Le talent faisant le reste. (…)

  • Pulp – More

    Non, je n’aurais jamais pensé critiquer l’actualité d’un groupe comme Pulp (on en avait parlé ici pourtant). On craint d’ailleurs souvent ces retours venus de nulle part tant la fibre nostalgique permet de plans marketing. Personne ne pense une seconde qu’Oasis se reforme sur des bases artistiques et pour proposer du matériau neuf et excitant.
    C’est dans ce contexte un peu suspicieux que (…)

  • Snapped Ankles – Hard Times Furious Dancing

    Dansante et hédoniste, la musique de Snapped Ankles se veut une distraction volontaire, un mécanisme de survie assumée plutôt qu’un aveuglement négation. Et c’est vraiment vital ici et maintenant. La danse comme manière de rassembler et d’évacuer. Pourquoi pas, surtout que ça n’inhibe pas l’action par ailleurs.
    Surtout que sur le cinquième album de la formation londonienne n’est pas (…)

  • Squid – Cowards

    En matière de critique, tout est question de perception. Certes, on tente de définir le contexte, de placer une œuvre dans une époque au moment où elle se déroule (oui, c’est compliqué) mais souvent, on essaie en vain de définir nos affinités électives. Et puis si on n’arrive pas à expliquer, rien ne nous empêche de partager. Ainsi, on a adoré tout de suite ce que faisait Squid. En alliant (…)