Accueil > Critiques > 2016

Marble Sounds - Tautou

vendredi 5 février 2016


On avait eu des nouvelles récentes d’Isbells, on est donc un peu surpris d’entendre parler de Marble Sounds aussi tôt puisqu’une partie du lineup est commune. C’est de toute façon une excellente nouvelle tant les deux premiers albums avaient laissé un bon souvenir.

On avait constaté qu’Isbells prenait une direction plus évanescente, plus abstraite et subtile et on avait espéré que le versant plus catchy de cette bande se retrouverait sur Marble Sounds. Cette attente a donc été remplie même si cet album montre une luxuriance discrète qui réclame une certaine patience pour être appréhendée.

Certes, le premier morceau part tout de suite avec un chorus qui prend comme il doit mais il m’a fallu un peu de temps pour que tout cet album fasse son effet. Cet album attend donc son heure et il explosera un moment ou l’autre. Sans doute parce qu’on entend moins d’arpèges que par le passé, moins de mélodies poussées en avant et que leur nouveau style qui fait la part belle à un son plus léché, de nombreux instruments (K.V.).

Par contre, ils ont gardé la bonne habitude du morceau final en apothéose avec (How It’s Going To) End qui prend congé de nous de la meilleure des façons. Ce bel objet à la finition impeccable comporte toujours de beaux refrains (Set The Rules) et montre qu’ils peuvent aussi gérer magnifiquement la lenteur (Present Continuous) grà¢ce à leurs harmonies vocales. Ce morceau pourrait convoquer de grandes orgues mais non, ils ne tombent pas dans le piège du spectaculaire. Ils préfèrent utiliser une petite rampe de lancement instrumentale pour lancer le plus enlevé These Paintings Never Dry.

Tout et Partout a quelques mots en français, rien de vraiment hallucinant pour un groupe belge (même néerlandophone), surtout que le titre même de l’album est inspiré de l’actrice française Audrey Tautou.

Cet album au charme encore plus discret mais plus luxuriant que pour les précédents ne marque cependant pas une énorme différence avec le groupe cousin Isbells. On constate néanmoins qu’aucune de ces deux formations n’a connu de coup de mou dans sa discographie, ce qui est remarquable et fera qu’on les suivra longtemps encore.

http://www.marblesounds.com/


Répondre à cet article

  • Ghinzu – W.O.W.A.

    Il faut l’avouer, le concert de Ghinzu l’an passé au festival des Solidarités avait évoqué bien de bons souvenirs, de festival notamment. Coïncidence de la programmation, dEUS était aussi présent dans une configuration extrêmement nostalgique, avec le line-up originel et le premier album joué en intégralité et encore plus de souvenirs remués (oui, c’était une programmation pour quadras). Il (…)

  • ML - Tout Bas

    Quand on partage des communiqués de presse via des brèves, c’est par souci d’exhaustivité, ce qu’on y présente couvrant un spectre plus large que celui de nos goûts (litote). Mais il arrive aussi souvent qu’on en profite pour faire de belles découvertes. Ainsi, La Fête de la bruxelloise ML nous avait tapé dans l’oreille si on peut dire. Et dans un contexte où les artistes fancophones (…)

  • La Jungle - An Order of Things

    Le manque de batterie n’a jamais été manifeste chez le duo belge La Jungle (Rémy Venant et Mathieu Flasse) tant leur musique a toujours été percussive en diable. Pourtant, ils ont recruté un second batteur (David Temprano, qui officie aussi seul en tant que Landrose) et le moins qu’on puisse dire, c’est que le nouveau trio envoie du lourd. C’est donc primal, un peu bestial mais ils ont (…)

  • Chaton Laveur - Labyrinthe

    C’est éminemment subjectif mais quand j’entends un nom de formation comme ça, je suis déjà dans de bonnes dispositions. Lesquelles sont encore renforcées par le souvenir d’un premier EP qui posait de très belles bases.
    Le truc de Chaton Laveur, donc, c’est de s’appuyer sur des bases krautrock pour une euphorie bien plus pop. Le duo liégeois (Julie Odeurs et Pierre Lechien) est cependant (…)