lundi 7 mars 2016, par

Dans le milieu du rock indé canadien, Jace Lasek est connu en tant taulier du studio Breakglass de Montréal où il produit des groupes comme Patrick Watson, Land of Talk, Sunset Rubdown ou Wolf Parade. La dernière fois qu’on avait eu de ses nouvelles c’était pour l’enregistrement de Moonface with Siinai qui paraitra cette année.
Mais il est aussi avec sa femme Olga Goreas leader de ce groupe qu’on aime suivre. L’EP Golden Lion sorti à l’automne ne laissait aucun doute, The Besnard Lakes est de retour. Pas pour un grand chambardement, on a toujours cette sensation de grands espaces. Il y a en comparaison avec leurs débuts bien moins de variations dans les morceaux.
Dream-pop ? Oui, sans doute, mais pas vraiment axé sur les mélodies pop. Ici, la ligne mélodique qui sous-tend le morceau le soutient entièrement, c’est le chant à la manœuvre, qui guide ce paquet de son compact et immense dont la recette est jalousement gardée. Mais on connait leur procédé maintenant, et on en vient à guetter d’infimes variations ou le détail. La basse basse qui donne une petite pulsation à The Plain Moon ou la guitare qui soutient le chorus de Pressure of our Plans.
Huit morceaux seulement mais c’est une bonne dose pour en profiter sans se lasser, surtout qu’ils prennent tous leurs aises. The Bray Road Beast propose bien quelques variations mais c’est Nightingale qui prend le temps de s’arrêter pour repartir et se présente ainsi comme le meilleur morceau de cet album toujours plaisant mais peu surprenant en leur chef.
http://www.thebesnardlakes.com/
Walter Martin est le leader des Walkmen, groupe aujourd’hui disparu mais qui a tenu le haut du pavé d’une certaine idée du rock indé américain. Ils avaient une attitude, un son qui suintait la coolitude. Sans s’éloigner vraiment de ce que faisait ce groupe, Martin propose sur son album solo des chansons à hauteur d’homme.
Les sujets sont souvent pertinents, tout comme leur traitement. Jobs I Had Before I Got Rich And Famous ne laisse que peu de doutes sur son contenu, ni sur son ton d’ailleurs, fort amusant et au débit proche des talkin’ blues d’antan qu’il pratique aussi au détour de Watson and the Shark. Il prolonge cette détente sur Daniel in The Lions’ Den mais pour moi franchit la ligne rouge de trop de pop sur Amsterdam. Signalons aussi qu’il peut consacrer une chanson à Charles Rennie Mackintosh, maître écossais de l’art nouveau.
Le morceau qui avait mis l’eau à la bouche était Down by The singing Sea, qui semblait jeter un pont entre le son aquatique d’Animal Collective et de Vampire Weekend. C’est le genre de morceau qu’on pourra ressortir dans dix ans et qu’on retiendra de cet album bien léger qui se propose comme une résistance à la rudesse de l’hiver.
http://www.waltermartinmusic.com/
Ils sont rares les groupes dont trois albums ont marqué une décennie. Massive Attack a réussi ça dans les années ’90. Et si on n’a plus eu beaucoup de nouvelles depuis, on était resté sur un Heligolandqui constituait une belle surprise. L’intérêt pour cet EP était aussi attisé par la présence de Tricky, qui est parti faire la carrière solo que l’on sait en ayant quitté la formation de Bristol après le magnifique Protection.
Ce quatre-titres commence par une collaboration attendue avec le rappeur anglais Roots Manuva. C’est le morceau le plus hip-hop, même si le collectif a toujours lorgné de ce côté-là sans toutefois absorber tous les codes du genre. Voodoo in My Blood part de façon moins convaincante pourtant il décolle vraiment. On retrouve l’allant de Tv On The Radio leurs jours de forme.
Mais le morceau de bravoure est bien celui qu’on attendait. Certes, ce n’est pas vraiment comme si Roger Waters venait faire un petit feat sur un album de Pink Floyd mais on a tout de même un petit pincement au cœur à l’écoute de ce morceau vingt ans après la séparation. Surtout que ce Take It There est grand, tient ses promesses de moiteur avant d’exploser dans un final d’une intensité rare.
Il faut réhabiliter l’EP. Quand beaucoup d’albums donnent dans le délayage, il est bon d’entendre quatre morceaux qui sont différenciés et d’une qualité constante. Ceci dit, on est quand même bien excités à l’idée d’un album complet s’il arrive à maintenir ce qu’on entend ici.
Difficile de concevoir une carrière parallèle aussi éloignée de son groupe de base que celle de Louis Jucker en marge des saignants Coilguns. On n’avait pas appréhendé cet écart au moment de relater Suitcase Suite et le croiser plus tard derrière l’album d’Elie Zoé. Mais on en prend toute la mesure avec cet étrange objet.
Désolé d’avance pour la longue mise en place, mais cet album, ou ce (…)
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Il a (…)
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Le nom de ce groupe polonais signifie ‘Embrasse-moi’ en esperanto et on peut dire que ce caractère direct se retrouve un peu sur cet album. Il montre en tous cas une belle agilité pour mêler des aspirations un peu froides à des envies plus brouillardeuses. Ce ne sont certes pas les premiers à tenter et réussir le crossover (on pense à The Day) mais ils apportent leur propre touche, à la fois (…)