lundi 29 février 2016, par

Grande diffusion veut parfois dire malentendu et le cas d’Animal Collective pourrait l’illustrer. Leur carrière commencée dans la discrétion a en effet connu un très gros coup d’accélérateur en 2007 avec la sortie de Stawberry Jam et pour une fois, ça faisait plaisir de voir un groupe sortir du bois avec son septième et meilleur album. Les astres s’alignaient pour eux, le climat était propice pour que leurs expérimentations euphorisantes sortent au grand jour. Toutes les composantes étaient déjà là sur l’excellent Feels mais mises à égalité avec d’autres choses, et il fallait plus d’investissement personnel pour en tirer tout le suc. Panda Bear avait aussi montré la voie avec le toujours percutant Person Pitch. Ils occupaient le terrain, ils prenaient la main.
Les gens se précipitent donc à leurs concerts mais sont parfois rebutés par leur côté un rien hermétique. Ils avaient en tous cas bien moins changé que leur public et près de dix ans après, c’est sans doute à ça qu’ils doivent leur longévité. Merriweather Post Pavilion avait confirmé leur talent mais Centripede Hz n’avait étrangement pas trouvé l’écho attendu. Pas plus perturbés que ça, ils reviennent cette année avec sous le bras un Painting With qui s’impose d’emblée comme leur album le plus ‘pop’. Enfin, il faut aussi s’entendre sur ce qu’on veut associer à ce terme. On leur connaissait une capacité certaine à associer un son vraiment personnel et de vraies mélodies mais il restait aussi sur tous leurs albums une composante plus abstraite, des intermèdes ambient qu’on ne retrouve plus ici.
C’est un parti pris qu’ils assument pleinement mais présenter un album de douze chansons courtes est aussi un risque. Parce que sur un album plus expérimental les morceaux plus accessibles prennent un relief particulier qui est plus difficile de reproduire quand on a l’obligation de taper juste à tous les coups.
Le groupe qui est maintenant un trio formé de Panda Bear, Avey Tare et Geologist (Deakin s’était fait porter pâle) ne peut plus se retrancher derrière de la reverb (ils s’en sont débarrassés), les transes savamment amenées comme sur Banshee Beat ou les respirations expérimentales. On distingue tout de suite les morceaux qui fonctionnent sans coup férir. Floridada présenté comme single annonciateur par exemple. Ou alors Natural Selection qui se présente comme un ride bondissant de deux minutes et demi. Ils savent aussi que ce genre se conçoit mieux avec une vitesse élevée et ils l’appliquent sur Hocus Pocus qui reçoit le renfort de rien moins que John Cale. La rythmique de The Burglars est discrète mais donne quand même un côté hystérique à la chose.
Il ne faut pas oublier que ce sont eux qui ont remis il y a dix ans le son au cœur du débat, entrainant derrière eux une myriade d’artistes souvent oubliés ou qui ont tracé dans le mélange leur propre route avec brio comme Bradford Cox avec Deerhunter ou Atlas Sounds. On est donc assez étonnés d’exposer des morceaux aussi dépouillés d’artifices. C’est le cas du plus direct Golden Gal qui nous fait alors penser à Of Montreal. On retrouve cette proximité sur Vertical dont on perd un peu le fil, tout comme on trouve qu’arrivés à Summing The Wretch on trouve qu’ils maitrisent toujours les syllabes qui s’entrechoquent mais qu’on a beaucoup entendu ça de leur part.
On ne va pas défendre Painting With comme le meilleur album d’Animal Collective mais on va voir aussi qu’il prend logiquement sa place dans leur discographie. Ceci est le dixième album et représente leur envie du moment, sans doute pas un virage définitif, on les connait trop aventureux pour s’enfermer dans un procédé. Cependant, ils prennent un risque relatif en ne présentant que des morceaux courts et d’un abord pop. En effet, il aurait sans doute été plus facile pour eux de remplacer les morceaux qui s’y prêtaient le moins en dérives sonores plus obscures pour rassurer les fans de longue date.
Il n’en reste pas moins que ce Painting With est sans doute l’album d’Animal Collective le plus facile d’accès depuis toujours. Evidemment, on recommandera au novice curieux de se pencher sur un Stawberry Jam autrement plus consistant. Celui-ci se présentant comme le compagnon idéal pour siroter un cocktail dans lequel une âme farceuse aura déposé des substances (ce qui est mal on le rappelle).
Ce n’est pas un phénomène nouveau, la perception d’un album est très liée à l’attente. On ne va pas affirmer qu’elle n’était pas élevée à l’annonce d’un nouvel album de Midlake, surtout qu’ils n’ont jamais été qu’impeccables mais près de 18 ans ont passé depuis The Courage of Others. Qui reste peut-être leur sommet et ce genre d’émotions-là n’ont plus été atteintes à l’identique.
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