vendredi 8 juillet 2016, par

Il est des groupes tellement familiers qu’on n’a même plus besoin d’écouter leurs albums pour voir où ils en sont. Il faut avouer que la suite du très emballant début Everything All the Time ne nous avait pas donné toutes les garanties qu’on aurait espéré. Trois albums et neuf ans après Cease To Begin donc, nous voilà tentant de raccrocher le train de la bande de Ben Bridwell. Certes, on avait eu de ses nouvelles via la collaboration de ce dernier avec ses potes d’Iron & Wine mais c’est surtout via d’autres groupes comme The Lighthouse and The Whaler que la flamme de leur premier album survivait.
Visiblement, ils ont eux aussi ressenti le désir de se recentrer, de revenir à leurs fondamentaux. Dans cette optique, c’est Jason Lytle (Grandaddy) qui est à la production, plus de vieux briscards qui avaient aussi frayé avec les Eagles ou Steve Miller, figures un peu éloignées du landerneau indie de base. Sans doute est-ce le petit coup de pouce dont ils avaient besoin pour garder toute notre sympathie. Cette influence est assez diffuse cependant, on ne la ressent vraiment que sur le plus pop et assez délectable Country Teen.
Ces retrouvailles ont été bien agréables. On n’attendait plus monts et merveilles de ce groupe de toute façon. Le premier morceau est éthéré à souhait avant de se gorger de grosses guitares, avec comme tout au long de l’album la voix de son leader Ben Bridwell comme point d’accroche. Le reste est forcément un long fleuve tranquille, prenant parfois de la hauteur (Solemn Oath) mais offrant un beau spectacle de méandres doux (Lying Under Oak, Wherever, Whenever), langoureux (le beau Barrel House) et poussant forcément jusqu’au mid-tempo (Hag). Comme souvent, c’est une musique qui ne peut être intense qu’avec une certaine volonté de l’auditeur. Et la multiplication des écoutes augmente aussi le plaisir.
On pensait Band of Horses destinés à grandir en direction des stades et on est aussi rassurés qu’ils aient pu rester très intimes. Certes, c’est toujours un défi lance à l’attention mais ces retrouvailles dégagent une sensation de légèreté qu’on a apprécié.
http://www.bandofhorses.com/whyareyouok/
Une personnalité aussi forte que celle de Xiu Xiu est un appel à la reprise. On connaissait leurs reprises depuis longtemps, c’est peut-être via leur cover de Don’t Cha qu’on s’était frottés une des premières fois à leur univers. Les morceaux présentés ici sont une compilation de ceux qui sont proposés mensuellement à leurs souscripteurs Bandcamp.
Le trio s’approprie forcément ces morceaux (…)
Il est des artistes qu’on aime précisément pour leur radicalité. S’ils ont su arrondir les angles parfois, on dénote chez A Place To Bury Strangers, Xiu Xiu ou HEALTH une propension à en faire trop parce que c’est comme ça qu’on ouvre des voies, qu’on évite la tiédeur.
Ce qu’on a dit du précédent RAT WARS s’applique bien toujours ici. Les sons de guitare peuvent être râpeux, c’est toujours (…)
Ce n’est pas un phénomène nouveau, la perception d’un album est très liée à l’attente. On ne va pas affirmer qu’elle n’était pas élevée à l’annonce d’un nouvel album de Midlake, surtout qu’ils n’ont jamais été qu’impeccables mais près de 18 ans ont passé depuis The Courage of Others. Qui reste peut-être leur sommet et ce genre d’émotions-là n’ont plus été atteintes à l’identique.
Mais (…)
S’il est une constante dans la discographie du désormais duo The Antlers, c’est la douceur. C’est elle qui leur a toujours permis de se singulariser, de rendre tellement attachants des albums qui comportaient moins d’adrénaline.
Mais ce qui faisait le sel de la formation, c’est leur capacité à provoquer l’émotion par une tension, une intensité supérieure. Ici, Carnage reprend les mêmes (…)