Accueil > Musique > 2005 > Colder : Heat

Colder : Heat

mercredi 16 août 2006, par Marc


Quand un Français qui fait de la musique electro teintée de rock, c’est souvent vers des ambiances positives qu’il se tourne. On pense à Tahiti 80 ou Phoenix. L’idée ici est au contraire est de faire un electro froid influencé par des groupes comme Joy Division (Le nom du groupe n’a pas dû être choisi en fonction d’un album d’Annie Cordy) et Suicide (ce qui est flagrant sur un titre comme Downtown).

L’ambiance est glacée comme le suggère le nom du groupe mais moins oppressante que dans les modèles. Plus robotique et répétitive aussi. La voix échoïsée, sous-mixée, achève de désincarner le tout, même si une tension presque sexuelle la hante, comme si les pulsions de mort de Ian Curtis se transformaient en lubricité.

Un petit orgue vient parfois (Your face) pour apporter une touche de variété bienvenue et une mélancolie presque humaine, celle qu’on retrouve sur Closer (Fade away). On a là le meilleur de Colder (Your face). Mais les géniaux mancuniens ne constituent pas le seul ingrédient. C’est ainsi que la basse du premier morceau (le bon et enlevé Wrong baby) évoque plutôt New Order (on reste en famille). Parfois, les lignes de basses sentent plus New-York que Manchester (To the music) et nous rappellent qu’on n’est pas dans un revival corbeau mais qu’on est dans la musique de danse. Même remarque pour Tonight, dont le dub nous indique ce que serait le Reggae si Kingston avait été la capitale de l’Alaska.

Tout est parfait alors ? Non, malheureusement, les morceaux sont souvent trop longs et parfois trop linéaires (Losing myself) et il se dégage une légère sensation d’ennui à l’écoute d’une traite de l’album. (M.)

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Plastikman and Chilly Gonzales - Consumed in Key

    Plaquer du piano sur un album électro semble une idée improbable. Mais repousser les limites de l’improbable semble une mission de tous les jours pour Chilly Gonzales. Il a ici jeté son dévolu sur un classique electro de Plastikman (un des prête-noms du génial Richie Hawtin) sorti en 1998 sous la houlette d’un troisième comparse canadien, Tiga.
    Si j’ai usé l’incunable Transitions, acte fondateur minimal, je n’ai jamais plongé plus avant mes explorations du maitre. Une erreur sans doute partiellement (...)

  • Kowari - Trail

    Kowari est le projet du violoniste Damien Chierici (Dan San, Yew) et du pianiste Louan Kempenaers (Piano Club, Aucklane) et propose un mélange de cordes et d’électronique. Oui, on a déjà entendu ça récemment chez d’autres duos comme Abraham Fogg ou MadSci. Mais le résultat est sensiblement différent ici et c’est une bonne chose, les comparaisons frontales ne sont jamais plaisantes.
    Tout d’abord, la force du duo belge est indéniablement mélodique. Quand ils ajoutent une trompette sur Daylight, on songe (...)

  • Glass Museum – Reflet

    Il est étonnant de constater à quel point un concept simple sur le papier (un piano et une batterie) peut se décliner. Le troisième album (si on inclut Deux) du duo belge Glass Museum montre qu’il est même possible de faire évoluer la formule. Leur style était déjà bien affirmé et on connaissait leur versant plus percussif, surtout si on considère le piano comme un instrument à cordes frappées. Ils avaient ensuite injecté un peu d’électronique au mélange pour un résultat toujours musclé. Les envies du (...)

  • MadSci – Ascension (EP)

    Mêler violon, guitare et les sons électroniques n’est pas une idée vraiment neuve mais on est souvent surpris par la variété et de la nouveauté des résultats. C’est encore le cas avec le second EP du duo montréalais MadSci. Leur nom vient du plaisir à tenter des choses avec le violon de David Piché et la guitare de Michaël Charrette. Il faut dire que les deux comparses ont déjà une belle expérience et ça se sent. Tous les morceaux enregistrés ici ont déjà été présentés sur scène.
    Sur le papier, on pourrait (...)

  • Projet Marina - Loin des Dons Célestes

    On le répète même si c’est une invitation implicite au remplissage de boîte mail, découvrir les artistes en ligne directe est toujours un plaisir. Et c’est ainsi qu’on a rattrapé avec leur second album le train du duo français.
    Il pratique une musique d’hybridation, entre veine froide électronique des eighties et tentations plus modernes. Mais s’ils revendiquent une inspiration de Tuxedomoon dont le violoniste Blaine Reininger vient relever deux morceaux ou Coil, on n’approche jamais du versant abrupt (...)

  • Ultra Sunn - Night Is Mine (EP)

    Vous commencez à nous connaître, vous savez qu’on ne recule jamais devant une petite dose de darkwave bien sentie. Musique de niche et de passionnés, elle garde une étonnante vivacité. Le duo mixte du jour (Sam Hugé et Gaelle Souflet) nous vient de Bruxelles et sort un premier EP sur le label espagnol Oraculo Records et est édité par Jaune Orange.
    Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils maîtrisent les codes du genre et savent ce que sont des gimmicks. Ils sont en effet seuls à la manœuvre et nous (...)

  • NinjA Cyborg - The Sunny Road EP

    L’introduction sur leur page Bandcamp est tellement correcte que je m’en voudrais de simplement la paraphraser. “Ce duo pyrénéen dont la passion pour les synthétiseurs analogiques n’a d’égal que leur amour pour le cinéma d’action des années 80, nous livre avec leur premier EP la bande originale d’un nanard action / SF qui aurait pu sortir en 1985, le tout mis en scène à grands coups de Juno 60 et de TR606”. Voilà tout est dit ou presque, sauf que je vous dois un commentaire sur le résultat.
    La série (...)

  • Hermetic Delight - F.A. Cult

    Il est étonnant de voir à quel point la scène d’influence cold est vivace chez nos voisins du sud. Rien que cette année on a déjà entendu Princess Thailand, Sure sans oublier des formations comme Lebanon Hanover. Sans aller sur des traces aussi batcave, on peut pour partie placer les Strasbourgeois d’Hermetic Delight dans cette mouvance. Au moins pour une part parce qu’il y a aussi beaucoup d’autres choses ici.
    Des éléments dream pop par exemple, ce qui n’est pas exactement une excentricité dans la (...)