vendredi 9 décembre 2016, par

La musique est souvent affaire d’évocations, à un tel point que l’origine des artistes est souvent anecdotique, et de plus en plus difficilement identifiable. Au niveau de l’ambiance, Fai Baba est plus proche de Tom Wolfe accompagnant les premiers hippies (relisez The Kool-Aid Acid Test) que des alpages suisses dont provient ce duo formé par Fabian Sigmund qu’accompagne le batteur Domi Chansorn. Ceci dit, il faut être dans une forme correcte et pas sous LSD pour assurer une musique pareille parce que ce cinquième album (on n’a pas vu passer les autres, désolé) montre une belle maîtrise.
Sad & Horny est donc à la croisée de quelques chemins. Un qui mène vers un psychédélisme chargé de guitares (pas saturées ni poussées en avant du reste), d’intensité purement musicale et de densité emballante. L’exemple le plus avancé étant sans doute le véloce Can’t Get Over You dont le chorus final est assez magistral dans le genre et est peut-être la principale attraction de l’album. C’est dense, solide et la folie maitrisée leur permet de repartir à l’envi.
Les autres chemins mènent vers une langueur space (Don’t Belong Here) ou plus aquatique, voire même les formes les plus avancées et aventureuses d’Atlas Sounds sur Geographical Tongue. Find Me A Woman est tout d’abord un morceau très détendu puis bon, la même progression d’accords permet de partir et de s’élever, le tout en un peu plus de quatre minutes.
La voix n’est pas démonstrative mais sa versatilité lui permet de réussir la voix de tête sur le convaincant Why Do I Feel So Alone. Toujours chouettement psychédélique, cet album n’est pas non plus monotone puisqu’on peut y croiser de la langueur assez fondante (Nobody But You), la compacité de Fainted Lover, le blues plombé de Straight Man ou la douceur de Lucky. Il y a aussi des morceaux qui se sont frayé un chemin vers la mémoire pour y rester (Don’t Belong Here).
Sans doute parce que le son rond et léger correspond bien à ces morceaux plus intenses qu’il n’y parait, j’ai passé un long moment avec Fai Baba et je ne peux que vous conseiller de faire la même chose.
Il était temps que je vous parle de U2. Ah non, ce n’est pas ça... Parce que si oralement on pourrait confondre le nom du projet du jour avec les célèbres Irlandais, ce que vous entendrez ici est radicalement différent. Il y a tout juste un an, on découvrait avec un plaisir certain les Canadiens de You Doo Right. Leur rock instrumental était fort, puissant, poussé par une rythmique assez (…)
Les frontières entre la musique et l’art contemporain sont poreuses et Denis Frajerman a toujours su s’immiscer dans les interstices. Que ce soit en tant que membre de Palo Alto, à la manœuvre des imposantes Variations Volodine ou sur de beauxalbums solo, il a toujours trouvé l’équilibre entre exigence du propos et beauté du résultat. Il sait aussi s’entourer comme on le verra.
Inspiré d’une (…)
La présentation du second album de Saint Sadrill name-droppe James Blake, Mark Hollis, Scott Walker et St Vincent. Ambitieux évidemment, contre-productif peut-être mais on ne peut nier une certaine pertinence là-derrière. Ce qu’on peut en déduire aussi, c’est que si ces climats amples et les surprises font partie de vos plaisirs d’écoute et si aucun des exemples ne vous rebute, vous prendrez (…)
A une époque où la modernité n’est plus une vertu cardinale, il peut être étonnant de retrouver cette conjonction de talents (Avey Tare, Panda Bear, Deakin et Geologist) aussi en forme après près d’un quart de siècle d’existence. Avec Time Skiffs, on pouvait clairement parler d’une nouvelle période pour le groupe, un revirement vers plus de musique ‘figurative’ par opposition aux brillants (…)