Accueil du site > Musique > 2017 > Fink – Fink’s Sunday Night Blues Club, Vol. 1

Fink – Fink’s Sunday Night Blues Club, Vol. 1

lundi 20 mars 2017, par Marc


Les derniers albums de Fink étaient très enthousiasmants, et son style assez reconnaissable s’y épanouissait dans quelques montées électriques bien senties et maîtrisées. On a senti la fin d’un cycle, un certain aboutissement. Difficile d’encore monter en intensité en effet. Que faire dès lors ?

Changer de style, se mettre au blues dans ce qui est vendu comme un projet parallèle (la mention de ‘vol.1’ semblant même suggérer une suite possible). Si on comprend qu’il veuille marquer une petite rupture, montrer une évolution, c’est se donner un peu de mal pour pas grand’chose tant on sent tout de suite qu’on est dans le Fink pur jus. Certes, les structures de morceaux sont peut-être plus proches d’une orthodoxie pentatonique, évidemment qu’on distingue des progressions d’accords typiques, mais il est rigoureusement impossible de ne pas le reconnaitre. Parce qu’on ne peut ignorer que ce qui fait le sel des productions de Finn Greenall, c’est d’avoir toujours évolué d’une musique électronique et acoustique à la fois vers plus d’organique, incorporant plus d’électricité au fil de l’eau.

Il a gardé ses sons éthérés dès Cold Feet, ses échos qui se répercutent, les structures apaisées et en apesanteur de She Was Right. On apprécie, bien évidemment, mais on ne perçoit pas facilement le lien avec le blues originel. On le retrouvera plus aisément sur Little Bump, dans la slide-guitar bien marquée de Boneyard ou avec l’harmonica trituré sur Hard To See You Happy. Le plus étrange, c’est qu’il lâche les morceaux les plus typiques en cours de route, comme si son auditoire avait besoin d’un échauffement.

Au rang des curiosités, on notera une troublante ressemblance vocale occasionnelle avec Neil Finn, le chanteur de The Veils qui eux aussi visitent les chemins de traverse d’un americana poisseux sur leur excellent dernier album. C’est patent sur Boneyard. Les mots ‘father’ et ‘mother’ qui ressortent du magma renforçant l’impression. Les paroles sont comme souvent psalmodiées, choisies sans doute plus pour leur musicalité que pour leur sens profond.

Pas exagérément longue, cette apparente récréation nous reconnecte avec Fink, ce qui est une bonne chose. Si le blues est un genre qui lui va bien au teint, il n’en garde pas moins une furieuse personnalité. N’empêche que ce qui est présenté comme un projet parallèle ne peut pas postuler aux sommets que constituent ses deux derniers et formidables albums.

Article écrit par Marc

Share on Facebook

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0