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dEUS : Pocket Revolution

mercredi 16 août 2006


Pour les impatients : c’est un excellent album, allez-y les yeux fermés.
Pour ceux qui sont encore là , on va en causer un peu.

Après la fureur de Worst case scenario et les expérimentations pas toujours abouties de In A Bar, Under The Sea, c’est The Ideal Crash qui donnait l’idée la plus précise de là où Tom Barman voulait aller. On pourrait avec ce Pocket Revolution dire qu’il y est presque arrivé. Il a commis ce qu’on attendait de lui : un autre album de dEUS. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il s’est fait attendre puisqu’il y a douze mois on l’attendait pour janvier 2005.

Quatrième album en onze ans, on ne peut pas dire que la discographie de dEUS soit pléthorique. Mais au vu des changements de castings opérés entre temps et aux innombrables projets de tous les membres. Spécialement ceux du leader Tom Barman, qui avait donné à l’année écoulée une de ses plus intéressantes plaques electro (l’album de Magnus) et avant ça, rien moins qu’un long-métrage (Fred, tu rattrapes ça quand tu veux...). Mais dans ce qui pourrait sembler une dispersion, les influences ont été glà¢nées. Les moments calmes du sismique Start stop nature ou l’entièreté de What we talk about porte la marque discrète de The Body Gave you everything.

On retrouve quelques titres déjà entendus, notamment au Pukkelpop l’an passé (If you don’t get what you want qui reçoit ici une version définitive vraiment convaincante).

Après une absence et une attente pareilles, il faut soigner son entrée. Qu’on se rassure, Bad timing est tout simplement somptueux. Le son de guitare est parfait, l’énergie contenue, les couches de musique se superposent. On pourrait arrêter là , on sait qu’on tient un classique de la trempe de la seconde partie d’Instant street ou de l’inoxydable Roses. Si la suite est un peu de deça (même s’il s’agit du single annonciateur 7 days, 7 nights), il ne s’agit que d’une pause.
dEUS flotte haut dans les cimes, du côté de Radiohead, Massive Attack et... personne d’autre finalement (Celui qui a dit Coldplay, là -bas au fond, il sort...).

Quand la curiosité et l’éclectisme des débuts reviennent on est tout content (Night shopping). De même, la plage titulaire présente aussi plusieurs climats distincts, une des marques de fabrique de dEUS, comme le signe de ce que devrait être le rock progressif des années 2000. Je suis personnellement plus preneur de leurs moments plus nerveux comme les secousses telluriques de Bad Timing ou Sun Ra et sa tension rentrée.

Ils prennent congé de nous avec classe (Nothing really ends comme pour nous remercier pour notre attente). La réussite est d’évoluer, de proposer chaque fois quelque chose de différent mais identifiable. Plus nerveux finalement que le prédécesseur, il ne fait pas fi du temps qui a passé depuis.

Intense mais digeste, nerveux mais maîtrisé, proposant une grande variété de niveaux de lecture, cet album est tout simplement indispensable. (M.)


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