jeudi 5 avril 2018, par

Encore une nouveauté en français, encore un projet qu’il est difficile de placer dans une filiation hexagonale. Et vous savez quoi ? C’est une excellente nouvelle. Le poids d’un passé très littéraire ne semble plus bloquer les artistes et c’est très bien comme ça. Mêler chanson française et musique électronique n’est évidemment pas d’une ébouriffante nouveauté à la base. Tout réside dans la qualité d’écriture et de production et aussi la fusion des deux.
Et ces deux postes-là sont vraiment remplis et ce dès le premier morceau qui nous montre à quoi ressemblerait du Suarez si le côté mièvre était oblitéré. Le plus léger Disparition Totale et Définitive nous rappelle le son léché de l’album récent de L’Impératrice.
Ils arrivent évidemment à convaincre plus facilement sur un tempo plus élevé, la petite dose de mélancolie de Renaissance se mêlant comme d’habitude bien avec de l’entrain. Abraxas et son riff de synthé bien marqué est le genre de morceau post-french touch qu’on aurait pu entendre sur la BO de Drive.
Un EP sert souvent de carte de visite et le duo français (Simon Beaudoux et Martin Chourrout) dont le nom est emprunté à une nouvelle de Barjavel en propose une bien alléchante. Leur choix sont déjà faits (des synthés, pas de guitare, langue française) et bien en place, on attend donc la suite.
Les EP ont parfois cette fonction de prendre des nouvelles des artistes de temps en temps (même si on le lit souvent ici). Comment va Centredumonde en cette fin 2025 ? Je dirais ‘bien’. Mieux que ça serait suspicieux de toute façon. Son énergie est là, c’est manifeste. S’il est illusoire d’écouter ce Moteur Étrange comme motivateur, il s’en dégage une vitalité paradoxale.
Sur Camarde, (…)
Ce qui a frappé lors de toutes les nombreuses écoutes du second EP du trio français Simone d’Opale, c’est la propension à proposer deux visages. Les débuts de morceaux sont attachants, lumineux et pop tout bien comme il faut, mais ils se fendent presque toujours en leur milieu pour s’envoler à la verticale et rester bien haut, avec une densité rarement entendue dans la pop francophone. (…)
Dans le domaine des musiques électroniques, il a longtemps été d’usage de regarder les labels avant de considérer les artistes. Si quelque chose vous plaisait chez, disons Border Community ou Kompact, vous saviez à quoi vous attendre en découvrant un artiste signé chez eux. Evidemment, la chanson française ne répond pas à ces critères. Ou alors pas toujours. Au moment de découvrir un artiste (…)
On croit aux secondes chances. En réenregistrant un EP de 2014 et en l’augmentant de plusieurs morceaux inédits, Fabien Martin nous propose un album qui confirme le bien qu’on en avait pensé à l’occasion de notre découverte de Je Ne Fais Que Marcher Dans La Montagne.
On avait aimé cet ancrage fort dans la réalité sans aucune indulgence et on le retrouve ici. Il y a cette transcendance du (…)