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Séance de Rattrapage #67 - Deers, Pttrns, Selofan

vendredi 27 avril 2018, par Marc


Deer - Portraits

Et si on parlait d’un duo mexicain basé à Hong-Kong pour changer un peu ? L’origine est en tout cas indécelable, même si l’accent de la voix forte d’Adriana n’est pas exactement cockney. Cette voix ne joue pas à la diva d’ailleurs et c’est plutôt agréable.

Leur mélange de synthés et de guitare qui n’est pas neuf, certes mais il fonctionne bien dès Wild Eyes qui vaut surtout par son chorus final qui maintient l’étreinte. On peut penser aux Kills sur ce morceau pour son aspect franc du collier et c’est ce versant-là qui plait le plus.

Dans les sorties simultanées, c’est plus électronique et moins brillant qu’Anna Von Hausswolf. La confrontation sur In The Shadows ne tourne pas nécessairement à leur avantage en effet. Mais il ne faut pas ternir inutilement le tableau, cette musique un peu sombre sur les bords mais pas trop non plus tient la route et ne dérape pas quand Alive se fait plus contemplatif. Un petit EP varié et plaisant donc.

Pttrns - Material und Geschichte

Musique très tendue, hypnotique, répétitive, chant haut perché, le style des Allemands de Pttrns frappe d’emblée. Cependant, on met plus de temps que prévu pour en faire le tour. Parce que ce qu’on entend sur leur troisième album ne tourne jamais au procédé.

En effet, les guitares sont légères sur High et Armado, presque groove avec son sax désossé. Mais c’est toujours bien plus tendu que chaloupé. Mirrors calme encore plus le jeu, en faisant un ska froid et presque arrêté (et ce n’est pas le plus passionnant non plus). Ils gardent de toute façon un ton froid qui fait du bien.

On apprécie surtout quand Second Ethics nous gratifie de beaux soubresauts, quand Big Sur déboule sur une montée en puissance déridée, quand Contretemps se campe en instrumental solide ou que Spanische Allee déroule les synthés vintage. Au final, leur style affirmé permet quelques belles fulgurances.

Selofan - Vitrioli

Il semble que les albums d’origine hellène se multiplient ces derniers mois. Des mélodies en accords mineurs, une voix féminine planquée en arrière dans le mix qui essaie de se faire la plus grave possible (école Siouxie sans doute), un ton robotique et un rythme élevé, le mélange du duo Selofan est éprouvé mais fonctionne toujours. Ce genre a déjà été réhabilité il y a une quinzaine d’années lors de la vague electroclash (Ist Die Liebe Tot).

Voici donc un album bien cold mais qui repose essentiellement sur des synthétiseurs. La force mélodique de ces progressions d’accords (The Language of Love, Un Amor Eterno) apporte ce qu’il faut de densité. Ils la modulent avec une certaine élégance et n’hésitent pas à être plus rentre-dedans et métronomique (Hysteria) ou s’exprimer dans leur langue d’origine. Dans le genre assez balisé, c’est un de mes petits chouchous du moment en tous cas.

Article écrit par Marc

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