Accueil > Critiques > 2018

Rue Royale - In Parallel

lundi 1er octobre 2018, par marc


Le duo mixte a été pendant plusieurs années une formule qui marche, avec de bien belles réussites à la clé, de White Stripes à The Kills en passant par les plus consensuels Cocoon ou Cats on Trees ou encore She and Him, Soldout ou Handsome Furs. Cette dualité est encore plus marquée quand les membres viennent de continents différents, avec la différence de perception qui va avec, laquelle est au cœur de ce In Parallel.

Leur quatrième album est une excellente occasion de vous parler de ce que font Brookln et Ruth Dekker qu’on suit depuis quelques temps déjà. Après un morceau d’introduction qui lui sert de rampe de lancement, Thrown By The Wind propose une belle entrée en matière avec une percussion vient relever l’ensemble. C’est d’emblée léger et enlevé et donne le ton d’un album qu’on a pris du plaisir à apprivoiser.

En effet, plus le temps passe plus on apprécie cette maestria qui leur permet de ne jamais utiliser de grosses ficelles pour obtenir un résultat léger et dense à la fois. Il y a certes un roulement de batterie sur Why Must I Build mais le ton reste éthéré. Cette verve se traduit par une sensation de légèreté et de densité à la fois sur Signs All Gone. Ce morceau se profile comme un Fink éthéré, avec un gimmick de piano qui fonctionne sur toutes les structures du son.

Ils obtiennent ainsi une musique en apesanteur (For Which Is Heavy) mais qui prend de la hauteur sur un mode plus instrumental. On peut aussi parler de Stars brouillardeux parce que par rapport à la formation canadienne, la connivence avec l’auditeur ne se fait pas par le biais des sentiments mais en l’enveloppant dans sa musique. On a même droit à un bouquet final avec la belle luxuriance de I Don’t Know What It Is et le bien balancé Eagerly Hunting distille d’emblée une belle tension rentrée.

La finesse de Rue Royale pourrait les desservir. Pas vraiment spectaculaire, leur musique recèle pourtant de grands moments pour ceux qui se donneront la peine de les découvrir. Les amateurs de belles choses subtiles et intenses comme Fink ou Stars seront en tous cas bien inspirés de se pencher sur le cas Rue Royale.

    Article Ecrit par marc

Répondre à cet article

  • Camilla Sparksss – Lullabies

    Quelques semaines après l’emballant album de Peter Kernel, Barbara Lehnoff revient déjà en tant que Camilla Sparksss et on se dit qu’un bonheur n’arrive jamais seul. Parce que Brutal de l’artiste canado-suisse nous avait énormément plu. Ce successeur ne suit cependant pas du tout la lignée. Si le premier arrivait à canaliser une énergie punk pour que l’electro soit d’une intensité folle, on est (...)

  • Odd Beholder – Feel Better

    On aime atteindre ce stade de familiarité avec un.e artiste qui devient sa propre référence. C’est ce qui arrive avec ce nouvel album de la Suissesse Daniela Weinmann. On a bien appréhendé son style finalement deux petites années se sont écoulées depuis Sunny Bay et on a toujours gardé la Zurichoise dans un coin de notre tête.
    De quoi directement se concentrer sur le contenu, ses sujets toujours (...)

  • Inutili - A Love Supreme

    Si cet album d’Inutili a le même nom qu’un increvable classique de John Coltrane, il est cependant bien moins jazz que New Sex Society qui nous avait plu en 2019. Ce que la formation italienne garde par contre, c’est le goût des morceaux en perpétuelle évolution. Comme chez beaucoup de formations, le confinement a rallumé le désir de jouer ensemble et ce plaisir est manifeste ici.
    Après une (...)

  • Spencer Krug - I Just Drew This Knife

    Les choses sont sans doute un peu plus simples depuis que Spencer Krug officie sous son nom propre mais ce n’est pas ça qui a ralenti sa légendaire productivité. Pour jeter un peu de confusion tout de même, il reprend la route avec Sunset Rubdown...
    La transition de Moonface à Spencer Krug s’est faite en même temps que son apparition sur Patreon. En gros, c’était le versant plus personnel, distillé (...)