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Séance de rattrapage #74 - Carambolage, Fluct, Verdiana Raw

lundi 25 février 2019, par Marc


Carambolage - Carambolage (EP)

Carambolage, ça dépendra de vous. Je m’explique. Dès les premières secondes, on a l’impression d’entendre un truc au-delà du vintage, carrément congelé sous Mitterrand. C’est du punk comme le pratiquait Plastic Bertrand. D’un côté c’est bluffant de réalisme, puisqu’on y entend de vrais morceaux de Coluche pour donner l’impression que Dorothée est encore sur Antenne 2 mais on frôle le pastiche aussi. A vous donc de voir à quel point cette giclée de nostalgie vous parle.

Entendons-nous, on parle d’un EP de quatre titres et le dosage est idéal en l’espèce. Les sons sont un peu plus dark sur Motivation et on se dit que sans le chant, on peut même revendiquer une étiquette post-punk. Il ne manque rien ici (même un morceau qui claque comme Gauche-Droit) et le jusquauboutisme de la démarche force le respect.

Fluct - All The World Is Green

Une idée est une idée, et il faut juger sur la réalisation. Ce que le duo italien réalise sur cet album, ce sont des reprises de chansons de Tom Waits. Le ton est forcément différent des originaux, sinon l’exercice est un peu vain. Cela dit, on est suffisamment peu au fait de l’œuvre du géant américain pour découvrir ceci comme du matériel nouveau. S’attaquer à un répertoire finalement plus réputé que véritablement connu et usé est donc bien vu.

L’accent est plus italien que yankee mais la voix d’Elena Taverini est bien belle. Et quand elle pousse sur Anywhere I Lay My head, elle n’est pas mise en avant et on n’est pas dans la démonstration pour relire ce morceau de patrimoine. Cette voix occasionnellement très éthérée tranche évidemment avec celle de Tom Waits, surtout quand elle est saturée d’effet et sous-mixée sur le classique Rain Dogs.

On retrouve logiquement de bien belles choses (All The World Is Green). L’avantage, c’est qu’il y a des morceaux très charpentés derrière, transpirant le blues malgré le traitement qui veut les emmener ailleurs. L’intérêt de reprises est souvent discutable mais dans ce cas-ci ce scrupule s’estompe bien vite devant la délicatesse du traitement infligé à ces grands morceaux.

Verdiana Raw - Whales Know The Route

Une belle voix grave, un peu affectée qui pourra rappeler Anna Calvi, c’est l’atout majeur de la chanteuse italienne. C’est flagrant sur Whales know The Route qui peut aussi compter sur un dense final qui fait la part belle aux cordes. Leur emploi d’ailleurs renvoie également à ce qu’en faisait Lisa Germano (Amina’s), laquelle plane aussi en tant que figure tutélaire au-dessus de Saturnire Hopes.

Si Calvi est une référence utile, Verdiana Raw est aussi affectée mais plus lyrique (Amina’s). On apprécie aussi ses cordes et ses harmonies vocales (Behind the Ballerina Dress). Elle peut aussi se faire plus intime, laissant plus de place à son élasticité vocale (This Disaster). On pointera aussi PJ Harvey parce que su elle est plus lyrique, tout ceci peut être assez âpre mais c’est ce qui est passionnant. According To Satie est forcément fort mélodique et réussi dans un mode purement instrumental.

C’est dans une prestigieuse lignée qu’on peut situer l’Italienne et s’il manque peut-être la régularité des morceaux qui feraient mouche à chaque fois pour prétendre au niveau des chanteuses mentionnées, la personnalité est indéniable et l’engagement sans faille.

Article écrit par Marc

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