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The Divine Comedy - Office Politics

vendredi 26 juillet 2019, par Marc


On avait quitté Neil Hannon en excellents termes après son Foreverland de fort belle tenue. Il gardait le même style pop symphonique en retrouvant un allant qu’on ne lui connaissait plus depuis quelques années. Fort de cette expérience, il se lance dans un album qui pourrait même se présenter comme conceptuel et ose des choses.

C’est le sautillant single Queujumper qui ouvre cet album, ce qui est une bonne et logique idée qui donne forcément envie. Il s’écarte donc sensiblement de son camp de base par moments mais il convient de ne pas se laisser distraire par quelques atours différents. Office Politics par exemple utilise une guitare et un ton plus syncopé que tout ce qu’on lui connaît. Il trouve au passage de nouvelles façons d’être intense sur Dog Days are Here Again. Certes, il y a des effets sur cette voix mais la mélodie est limpide et les choeurs sont classiques. Une façon plus sombre de ne pas céder au modernisme à tout crin. Mais il ne faut pas en déduire que cet album est une apposition de deux styles qui n’interagissent pas, Absolutely Obsolete est finalement plus classique qu’il n’y parait

You’ll Never Work in This Town Again est bien balancé, mais dans un style qui n’évoque pas nécessairement 2019, ce qui tranche avec le propos. On peut dire la même chose du groove certain de Life and Soul of The Party. Mais en mode vintage, on ne se refait pas. Evidemment Infernal Machines apparaîtra comme presque industriel en son chef. Dans l’absolu, on est plus proche d’un bon vieux glam’.

Une fois encore, c’est son regard acéré qui fait mouche, étant une marque de fabrique plus patente que le son style. Même avec un vocoder, on retrouve son humour sur Psychological Evaluation.

Pour ne pas laisser le fan de ses balades classieuses (une écrasante majorité de son auditorat plus que probablement) sur le bord du chemin, il nous gratifie du très beau Norman and Norma, pop ciselée à son plus haut niveau. Il ne lui faut pas grand’chose pour être plus que touchant (l’m a Stranger Here) avant de laisser l’ampleur terminer le boulot. Pareil sur When The Working Days is Done qui parachève ce riche LP. Et puis il reste un interprète hors-pair, avec une voix chaude qui peut se permettre beaucoup de circonvolutions sans perdre son contrôle.

Philip and Steve’s Furniture Removal Company parle de Philip Glass et Steve Reich, ce qui est un angle d’attaque peu banal et permet de rendre un hommage à deux créateurs en décalquant certaines de leurs techniques (la répétition et le décalage). C’est donc ludique mais plus finaud qu’il n’y parait. The Synthesiser Center Super Summer Sale rappelle son goût des listes déjà abordé avec le fameux Booklovers, d’il y a (misère…) 25 ans. Donc ses envies ludiques sont toujours là.

On a l’impression que Foreverland était le signal d’un retour en forme et qu’il profite de ce bel élan pour tenter et réussir des choses. Office Politics a un thème commun sur une certaine forme moderne d’aliénation. Ce n’est pas social dans le sens littéral du terme, plutôt tourné avec un humour et un sens de l’observation assez fins. Et puis il garde sa propension à trousser des symphonies de poche qui cette fois évitent tout piège kitsch notamment grâce à des incursions hors de sa zone de confort. On est donc vraiment contents de pouvoir garder intacte toute l’affection que ce compagnon de longue date nous inspire.

Article écrit par Marc

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