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Séance de Rattrapage #75 - Clinic, Daniela Savoldi, Dury Dava

jeudi 1er août 2019, par Marc


Clinic - Wheeltappers and Shunters

Avant même que le chant particulier d’Adrian Blackburn ne déboule, on ne peut pas s’y tromper, c’est bien un album de Clinic qu’on écoute. On consulte les archives et on constate que ça fait 9 ans qu’on n’a plus parlé de la formation anglaise. Il faut dire qu’on n’avait pas fait écho au Free Reign de 2012. Mais on a déjà reconnu leur post-punk débraillé et singulier. Laughing Cavalier est déjà un peu narquois, bourré de sons interlopes. Ils calment le son mais pas le ton sur le plus cotonneux Complex, plus subtil mais toujours chargé en gimmicks

Le titre de l’album fait référence à une série des années ’70, de quoi ajouter une perspective ancienne en ce contexte de brexit. Leur façon de coller à l’époque est particulière il faut dire, et ils brassent sur ce court album une belle volée de références. On passe ainso d’échos à Suicide (surtout dans leurs moments plus rentre-dedans comme D.I.S.C.I.P.L.E.) au presque psychédélique Ferryboat of the Mind. Même sur ce format court, ces morceaux peuvent avoir deux facettes distinctes New Équations (at the Copa cabana)).

Cette pop aquatique (Rejoice !) a déjà été abondamment traitée par Bradford Cox mais non seulement les Anglais étaient là avant mais pour eux ce n’est qu’une composante d’un mélange toujours aussi personnel. On retrouve donc Clinic en bien belle forme, avide d’en découdre.

Daniela Savoldi - Ragnatele

Si je compte bien, ceci est le premier album solo de violoncelle dont on parle ici. Après avoir parlé récemment du boulot d’Emily Wells, voici une artiste Italo-Brésilienne qui nous a bien tapé dans l’oreille.

D’emblée éthéré, cet album est porté par le tellement beau son de l’instrument. Elle joue logiquement sur le dédoublement, entre une ligne claire mélodique des sons plus triturés qui apportent de la structure ou bien une rythmique d’arpèges subtils. Mais ce n’est pas systématique, et Improvviso ne compte sur aucun loop, aucun renfort pour laisser le violoncelle seul dans sa hiératique beauté.

Mais ça, c’est pour la technique. Dans le résultat, elle arrive à sortir des morceaux à la fois rêveurs et poignants (Space), émouvants en joignant intention et réalisation (Dada).

Je n’ai pas vu venir cet album. Evidemment l’émotion est aussi question d’empathie et de lâcher-prise. Mais si le degré d’abandon est là, vous êtes sans doute partis pour un voyage bien réjouissant. Moins rêche que ce qu’on a pu entendre par ailleurs (Sarah Neufeld, Fiona Brice ou Jessica Moss), la patiente beauté de la musique de Daniela Savoldi ne peut que vous séduire.

Dury Dava - Dury Dava

Un album psychédélique chanté en grec, vraiment ? On va se gêner, tiens…On connaissait déjà quelques formations du genre sur le même label et bien franchement, un style pareil se fiche un peu des idiomes.

Alors, c’est comment ? Eh bien c’est plus que recommandable. Notamment parce que la maitrise est bien là mais aussi parce que les morceaux ne tournent jamais aux recettes appliquées en série. On peut même rencontrer de la flûte même dans ce creuset moite (Triptych), avec des montées bien senties. Le ton d’Ela Pali Na rappelle plutôt ce qu’on a entnedu chez Can. Autant dire qu’on est chez nous. Le plus éthéré et planant Satana qui était aussi le single (qui n’a pas dû passer en très forte rotation chez nous je le crains) prend lui aussi franchement la tangente.

Dans un genre aussi balisé et fréquenté que le rock psychédélique, on attend surtout un savoir-faire et celui des grecs de Dury Dava est indéniable. Il leur permet de varier les plaisirs et les ambiances, du patchouli au kraut sans que les transitions ne sentent l’effort. Si vous êtes amateur a priori du genre, c’est un conseil exotique à ne pas rater.

Article écrit par Marc

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