Accueil > Musique > 2019 > Séance de Rattrapage #76- Angela Kinczly, Arthur de Bary, Irina (...)

Séance de Rattrapage #76- Angela Kinczly, Arthur de Bary, Irina Nestor

jeudi 8 août 2019, par Marc


Angela Kinczly - S I L E N T

Pour son cinquième album, la chanteuse italienne d’origine hongroise Angela Kinczly s’est penchée sur des textes de la poétesse américaine Emily Dickinson. En utilisant cette excellente matière première, elle s’est concentrée sur la spontanéité pour lancer les morceaux, ne s’interdisant rien (c’est ce qu’elle revendique).

Sa belle voix la place d’emblée dans nos chanteuses de choix. La douceur souvent dégagée peut rappeler Marie Modiano ou des choses encore plus fines comme Sybile Baier (North America et ses arpèges, If True ). La profondeur de Mystic Green a la sombre euphorie de Marissa Nadler et c’est indéniablement un des hauts faits de cet album. Vous adorerez sans doute le beau chorus syncopé sur The Proudest Trees qui n’a besoin que de quelques notes de guitare pour se lancer ou la vraiment belle mélodie sur Between My Finite Eyes avec son orgue. Les bons albums n’appellent parfois que peu de commentaires et ce petit article n’a pour but que de vous donner envie de vous frotter à cette découverte péninsulaire.

Arthur de Bary - Cheval Blessé

J’ai fait ce disque tout seul
Parce-que j’étais seul
Parce-que je m’étais fait largué

Si comme moi vous accordez de l’importance à l’orthographe et aux pochettes quand vous trainez sur Bandcamp, il y a des chances que la rencontre avec cet EP d’Arthur de Bary ne se fasse pas. Et franchement, ce serait dommage. Parce que si l’album de rupture est un poncif, presque un rite de passage, il faut tout de même convenir qu’il peut déboucher sur de fort bonnes choses.

Etrange de penser d’ailleurs que c’est la même personne qui a (presque) tout écrit, parce que du lo-fi à la Dominique A ou Mendelson dans leur période Lithium (Tout Soit Comme Avant) à l’americana hanté (les éruptions de Flesh Lovers) le spectre balayé est plutôt large. Et surtout dégage une belle intensité. The Fader est langoureux à souhait et la répétition de Dis-moi Quoi se fait vraiment lancinante

Bon, ne connaissant absolument rien de la discographie de Thiéffaine , je ne peux juger de la fidélité de la reprise mais le morceau se passe fort bien de comparaisons.

Les deux pôles musicaux entre lesquels balancent ces 5 morceaux n’ont pas souvent été mêlés. Ne serait-ce que pour ça, il vaut le détour et donne envie d’une plus grosse dose.

/r/na Nestör - One Day You Will Miss Today

Un album de post-rock qui s’annonce en tant que tel, c’est suffisamment rare pour être mentionné. Il faut dire qu’il aurait fallu une solide dose de mauvaise foi pour assurer que ce qu’on entend sur le premier album du groupe romain.

Les sons sont très propres, c’est une marque de fabrique certaine. L’intégration de sons organiques et plus synthétiques est réussie. On peut penser parfois à une version adoucie des derniers 65 Days of Static. Des nappes de synthés et des progressions d’accords moins rock donnent un ton plus mystérieux à Arpeggio Means Nothing et oui, vous aurez droit à des poussées avec un peu de distorsion. Les guitares peuvent aussi tinter sur Now cela dit.

Les arpèges sont forcément mélancoliques qui logiquement donnent lieu à une accélération fatalement maitrisée (Milgram ). Bref, une fois admis qu’il est pratiquement impossible de renouveler le genre du post-rock, cet album pourra délivrer exactement ce qu’il promet : une dose de musique qui ne pourra que plaire aux amateurs du genre.

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Chev Chevin - Nectar

    Avec en accroche un phrasé à la lisière du hip-hop avec des nappes de synthés presque James Bond, on sent qu’on va explorer des limites (les nôtres) sur le premier album du duo (Max Kraft et Jonas Eckhardt) allemand Chev Chevin . Mais on s’embarque en fait pour un trip musical pour le moins varié.
    Les envolées et les voix sur Over Soon font plutôt penser à Bon Iver, avec une solidité plus marquée. Cette veine-là nous vaut de bons moments quand Nausea s’envole et bien franchement, on tient le haut du (...)

  • Rodrigo Leão - A Estranha Beleza da Vida

    Quand on découvre un artiste, on tente de se raccrocher à du connu. Rodrigo Leão a été membre de Madredeus, une des rares formations lusitaniennes dont le nom a eu un retentissement international. En se renseignant un peu, on note aussi des collaborations avec Beth Gibbons, Neil Hannon, Tindersticks, Ruichi Sakamoto ou Ludovico Einaudi. Un CV en béton armé donc.
    Il confirme d’emblée ces belles dispositions avec le simple et beau Friend of a Friend chanté par Michelle Gurevitch. Forcément quand ça (...)

  • Efterklang - Windflowers

    Evoluer n’implique pas nécessairement de se dénaturer. C’était une des leçons du très réussi Altid Sammen des Danois d’Efterklang. Deux ans plus tard, on ne peut plus tirer de conclusion aussi positive. Comme tous les groupes délicats, le risque est de devenir trop légers, voire évanescents. On a connu ça pour Choir of Young Believers, The Feather ou même Villagers dans un passé récent et voici une nouvelle victime du syndrome. Mais ne noircissons pas inutilement le tableau.
    Le premier morceau est ainsi (...)

  • ( r ) - Titan Arum

    C’est par la bande qu’on s’est rendus compte de l’importance de Fabrizio Modonese Palumbo. Il fait partie d’Almagest ! qui nous avait déjà plu mais c’est en découvrant ce qu’il avait fait avec Enrico Degani (formidable lui aussi) que l’amplitude de son œuvre s’est manifestée. On l’a depuis recroisé aux côtés d’un très bon Xiu Xiu et c’est sous le nom de ( r ) qu’il se rappelle à notre bon souvenir. Tant qu’on est dans les bons souvenirs, c’est une sortie de Cheap Satanism.
    Le début d’album est digne d’un (...)