mercredi 23 octobre 2019, par

Ce n’est certes pas la première fois qu’un groupe sort deux albums la même année, mais c’est suffisamment rare pour qu’on le mentionne. Et puis comme on avait passé un bon moment en compagnie du premier volet, celui-ci était forcément attendu.
Si on se demande ce qui différencie les deux volumes, on peut dire que celui-ci privilégie la puissance. Pour le meilleur mais pas que. Mieux que bien des formations, Foals a compris que maintenir le rythme est la meilleure manière d’éviter la chute. Et ça marche, Wash Off dégage la bonne énergie, une syncope qu’on ne retrouve presque pas par ailleurs. Autre caractéristique de la formation anglaise, le gros son est de la partie. Une partie ne nous ne peut s’empêcher que si ça fonctionne indéniablement, on ne trouve pas énormément d’idées sous l’épaisse et efficace carapace. Le résultat est maintenant plus proche d’un glam gonflé (Like Lightning) que du post-punk fiévreux des débuts. Pour se lancer dans une hasardeuse analogie automobile, c’est une berline au gros moteur mais qui ne partira jamais de travers dans les virages, les aides à la conduite raffinée gommant toute velléité d’embardée.
Le premier album sorti cette année montrait quelques ambitions dansantes, des percussions présentes et travaillées. A l’instar de certains restaurants huppés qui ont une déclinaison brasserie pour ceux qui veulent la réputation mais pas la finesse (ni le prix), ceci est le petit frère testostéroné du premier opus.
Même quand ils ralentissent le tempo et se concentrent sur l’écritures, ils gonflent le tout d’effets et sons divers et variés. La peur du vide les dessert clairement en l’espèce. Cette abondance leur permet aussi l’incursion dans le hors-format comme en témoigne le long dernier morceau qui est logiquement un slow-burner. Ils savent indéniablement faire monter une sauce sans faire de grumeaux. Mais on est surpris aussi que ce morceau-là ne laisse pas plus de traces une fois l’écoute achevée. On est à des lieues de morceaux comme Spanish Sahara pour reprendre une de leurs plus éclatantes réussites dont ils sont maintenant loin.
La fièvre couve-t-elle ? C’est la que la subjectivité, les conditions et l’humeur d’écoute interviennent. Si on se laisse emporter, il y a sans doute matière à se sentir galvanisé par cet album. A contrario, cette débauche pourra laisser froid et c’est le sentiment qui a dominé avouons-le. On n’est pas prêts de leur pardonner leur premier album parfait de toute façon. Mais en se concentrant sur le plaisir d’écoute et en sachant miser sur un métier et une compétences indéniables, ils parviennent à faire passer un bon moment qui ne plaira qu’aux convaincus et laissera quelques personnes sur le bord du chemin.
Découverts la même faste année 1994, Pulp et The Divine Comedy constituent toujours des repères 31 ans (ouch...) après. Le hasard veut qu’ils nous reviennent tous deux en 2025, dans une bonne forme qui semble imperméable au passage du temps.
Le côté résolument hors du temps, hors de ce temps plutôt, facilite sans doute la prise d’âge de la musique de Neil Hannon. Le talent faisant le reste. (…)
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C’est dans ce contexte un peu suspicieux que (…)
Dansante et hédoniste, la musique de Snapped Ankles se veut une distraction volontaire, un mécanisme de survie assumée plutôt qu’un aveuglement négation. Et c’est vraiment vital ici et maintenant. La danse comme manière de rassembler et d’évacuer. Pourquoi pas, surtout que ça n’inhibe pas l’action par ailleurs.
Surtout que sur le cinquième album de la formation londonienne n’est pas (…)
En matière de critique, tout est question de perception. Certes, on tente de définir le contexte, de placer une œuvre dans une époque au moment où elle se déroule (oui, c’est compliqué) mais souvent, on essaie en vain de définir nos affinités électives. Et puis si on n’arrive pas à expliquer, rien ne nous empêche de partager. Ainsi, on a adoré tout de suite ce que faisait Squid. En alliant (…)