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Séance de Rattrapage #79- Magnetic Rust, The New Pornographers, Ronin

mardi 12 novembre 2019, par Marc


Magnetic Rust - La Chute

Quand on se lance dans cet album, on est d’emblée pris par ce premier morceau qui monte bien, en vagues successives. C’est une belle entrée en matière, comme celle d’un mix, qui met en confiance tout en permettant un échauffement optimal (il faut éviter les claquages). Sans déflorer trop le plaisir, le meilleur morceau est sans doute la plage titulaire qui clôture cet album, qui a un souffle lent que rien ne semble arrêter, le genre qui ne déparerait pas une prestation de Nathan Fake ou James Holden.

Ce n’est pourtant pas à un tour sur le dancefloor que nous sommes conviés, mais un voyage plus introspectif. Mais pas immobile pour autant. Si les beats restent discrets, ils n’en sont pas moins présents. Le projet de Kevin Depoortere, Français de Villeneuve d’Ascq est un peu à l’ancienne d’une certaine manière, mais il ne joue jamais sur la carte de sons vintage. On la retrouve dans la dynamique, même si les variations sont constantes ici, adaptant les climats tout en privilégiant un peu de lourdeur. Mais juste un peu, ce n’est pas industriel non plus. On retrouve ainsi un petit écho floydien sur le son qui entame Interlude Part 2 et un vrai claquement sur le plus hypnotique Redemption. De quoi satisfaire un large spectre d’amateurs de découvertes électroniques donc.

The New Pornographers - In The Morsecode of Brake Lights

Au vu de la difficulté que ça doit représenter d’accorder les agendas de tout ce petit monde, la régularité des sorties du groupe de Vancouver force l’admiration. Rappelons donc qu’il regroupe des talents aussi confirmés par ailleurs que Dan Bejar ([Destroyer-2129], visiblement absent ici), Neko Case, Katryn Calder autour d’AC Newman.

On reconnaît d’emblée Neko Case, plus enjouée que ce qu’elle peut faire de son côté pour lancer ce genre de pop indé solide qu’ils sont finalement les seuls à la pratiquer (surtout depuis qu’on est sans nouvelles de The Shins), surtout de façon aussi dense et ample..

Leur métier leur permet aussi un bel enrobage, des voix à profusion qui leur permet pas mal de fantaisies et de détails de productions qu’on retrouve par exemple sur The Surprise Knock. Le son est gros de toute façon, n’hésitant pas à utiliser des riffs de violon (Dreamlike & On The Rush) ou à enrichir Falling Down The Stairs of Your Smile d’un chouette gimmick de basse, répétitif et entêtant, avec Neko Case utilisée comme choriste de luxe. C’est un des privilège d’un casting comme celui-ci qui permet la grosse patate de Colossus of Rhodes.

Comme il y a plusieurs personnes à la manoeuvre, on contourne l’extrême variabilité des résultats inhérente au genre et il faut reconnaître une remarquable constance dans les dernières sorties de cette formation si attachante.

Ronin - Bruto Minore

Etonnamment, la musique instrumentale accompagne souvent un propos littéraire ou politique (certains Godspeed You ! Black Emperor), sans doute suscité par le pouvoir d’évocation. Le Bruto Minore du titre est inspiré d’un poème de Giacomo Leopardi dans lequel il imagine un monologue de Brutus après l’assassinat de Jules César.

La musique du trio italien est instrumentale plus que véritablement post-rock. On ne retrouve par exemple pas les poncifs du genre comme les longues introductions et les ruptures ou encore les montées. Si les structures sont plus linéaires, on retrouve quelques caractéristiques comme des roulement de batterie (Bruto Minore, Ambush) et dégagent une puissance qui fonctionne parce qu’elle n’est pas mise en avant. Sur Ambush, le ton se calme en se rapprochant d’un jazz décontracté. Dans ces cas-là, on note un beau panache (surtout sur la plage titulaire) qui contraste avec des moments plus apaisés sur traces de Tortoise.

Groupe aux bonnes manières, Ronin peut aussi bien manier le pizzicato que l’arpège catchy (Oregon) ou la clarinette (Wicked), trouvant même au passage une vraie beauté (Tuvan Internazionale). Si jamais votre mâchoire ne pendra dans une pose extatique, l’écoute est revigorante en direct et ne nécessite pas l’attente de moments forts pour être gratifiante.

Article écrit par Marc

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