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Séance de Rattrapage #85 - Cosse, Encore, Under The Reefs Orchestra

jeudi 2 juillet 2020, par Marc


Cosse - Nothing Belongs To Anything

Le mélange de post-rock et de noise n’est certes pas résolument unique mais comme à chaque fois, c’est le résultat qui compte. Du post-rock, le quatuor parisien Cosse a surtout repris le goût des textures et de la rupture. Pour le reste, un chant sur le fil et des morceaux tendus les éloignent sensiblement des canons du genre.

Les ambiances installées, fiévreuses et détendues à la fois, quand les guitares tintent et que la batterie est aux aguets, font la différence. Sur Sun Forget Me par exemple. Pin Skin monte ainsi, profitant de structures plus anguleuses que du post-rock classique. On est clairement plus proche d’un Slint que de, disons, Mogwai. Et puis quand ça pousse à deux guitares sur The Ground, c’est assez irrésistible, et c’est sur cette très bonne impression qu’ils prennent congé de nous pour ce remuant premier EP.

Encore - Autobahn

Avec un nom d’EP comme ça, vous ne vous attendez pas à des fanfares et vous avez raison. Avec Maria Laurent aux claviers et Clément Chanaud-Ferrenq à la batterie, l’electro est évidemment au menu mais ce n’est pas un cover-band de Kraftwerk pour autant malgré le nom de ce premier EP. On n’y entend pas vraiment de sons vintage.

Manger Techno a quelques traces de minimale, enfin la forme dévoyée et jouissive du label Border Community. On pense à Nathan Fake et c’est une référence lâchée du bout des lèvres. Mais c’est aussi occasionnellement plus franc du collier (Bleu Polo), flirtant avec la techno (Manger Techno), voire la trance (Laser Blitzer)

Bref, ce petit EP vitaminé témoigne d’un beau savoir-faire et qui arrive à être directe, dansante, présenter des références qui nous plaisent toujours sans tomber dans la bourrinade ou l’exercice abstrait.

Under The Reefs Orchestra - S/T

Le premier nom qui vient en tête quand on écoute ce premier album du trio bruxellois emmené par le guitariste Clément Noury, c’est celui d’Oiseaux-Tempête. Et c’est une fameuse indication de qualité. Il faut dire que la présence de cuivre (un sax alto ?) est un point de ressemblance

Dès Une Île, ça monte consciencieusement. C’est ce morceau-là et son clip insensé qui nous avaient immédiatement donné envie d’en savoir plus. Le travail sur une rythmique lancinante et une guitare qui prend ses aises en mode psychédélique pour définitivement asseoir le morceau en hauteur est remarquable.

Cette façon de faire traverse d’ailleurs tout l’album avec un bonheur certain et on la retrouve dans la subtilité de Le Marcheur. Ca monte, prend la densité avec la hauteur, avec plusieurs thèmes qui s’entrechoquent, de frictionnent et donnent un morceau captivant, sans jamais se servir des pédales de distorsion (un plaisir aussi, nous n’en disconvenons pas). Convenons aussi que tout n’est pas du même tonneau, mais que c’est sans doute pour éviter de faire tous les morceaux sur le même moule. Donc si les chemins de traverse du post-rock vous attirent, vous aimerez la maitrise déployée ici d’un bout à l’autre.

Article écrit par Marc

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