vendredi 20 novembre 2020

L’existence supposée d’une école française de groove a déjà été évoquée dans ces colonnes. Parce que dans les productions de nos voisins du sud, on retrouve souvent cet amour de la basse ronde et du secouage de tête. Lequel peut globalement se diviser en deux tendances, une plus dure (L’Impératrice, VKNG, Naive New Beaters...) ou plus douce (Pépite, Isaac Delusion). Nous allons voir que la formation du jour oscille entre les deux.
Le ton est résolument mélancolique que ce que font les Américains (New-Yorkais notamment), plus marqué par des relents de punk. Mais l’heure n’est pas à la comparaison transatlantique. Et si c’était ce spleen parisien qui pousse à danser malgré tout ? C’est peut-être le fil rouge, allez savoir. La fête n’est pas triste, certes non, mais jamais totalement hédoniste non plus. Ce qui rend tous ces artistes très agréables à écouter en toute circonstance. Si le trio (Nicolas Paoletti, Alexandre Diani, Sébastien Santucci) dont le nom est emprunté au premier long-métrage culte de Maurice Barthélémy est installé dans la capitale française, ils proviennent de Corse et on sans doute gardé une lumière.
Cette lumière se manifeste par exemple du sur le plus placide sur At Carmerlo’s par des airs de funk eighties. Mais le groove peut se faire plus rampant (Becky Don’t Mind) ou plus langoureux sur Get Better, avec une grosse voix qui rappe. Ce morceau est relancé par un faux public. De façon fort pertinente, ils relancent aussi Obaya avec un beat et un énorme son de basse. Mais ils peuvent aussi ajouter un peu de guitares sur Saints I, pour varier les climats de façon bienvenue. Notons finalement pour l’anecdote que le chant de Feel est presque proche de Damon Albarn et que Crocodile Rockstar ne fait pas allusion à une chanson célèbre d’Elton John.
Si Casablanca Drivers se situe dans la limite plus légère de nos goà »ts, il faut admettre que la variété, le ton à la fois légèrement lumineux et un rien mélancolique donnent à ce groove des teintes qui ne peuvent qu’emporter l’adhésion.
Il avait fallu un album pour qu’on prenne toute la mesure de cet étrange duo, pour que la fausse nostalgie ne masque pas leur étrangeté et leur singularité. Une fois la porte trouvée, on ne cherche plus jamais la sortie et on va encore rester un bon bout de temps chez eux, c’est certain.
Parce qu’il y a dans cette alliance franco-australienne un charme qui n’est pas que suranné. Aussi parce (…)
L’indie est une organisation souvent en marge, une éthique mais aussi une esthétique. Laquelle a sensiblement évolué pour ne plus être distinguable du mainstream. Mais ça n’a pas été toujours le cas et certains vétérans viennent nous le rappeler.
Le dernier album en date des Allemands de The Notwist avait plu faute de laisser un souvenir tenace. Gageons que les choses seront différentes ici (…)
Les bonnes surprises peuvent aussi surgir de ce qu’on croit connaitre. Si 5 morceaux (on avait partagé) étaient déjà entendus, l’écoute de ce quatrième album du groupe d’Amiens permet d’en appréhender l’excellence. Le produit fini et complet est donc bien réjouissant.
Parce qu’il est rentre-dedans avec ce qu’il faut comme petites touches de sons froids et de consistance mélodique pour que le (…)
C’est éminemment subjectif mais quand j’entends un nom de formation comme ça, je suis déjà dans de bonnes dispositions. Lesquelles sont encore renforcées par le souvenir d’un premier EP qui posait de très belles bases.
Le truc de Chaton Laveur, donc, c’est de s’appuyer sur des bases krautrock pour une euphorie bien plus pop. Le duo liégeois (Julie Odeurs et Pierre Lechien) est cependant (…)