Accueil > Critiques > 2021

Yann Tiersen - Kerber

mercredi 15 septembre 2021, par marc


On a déjà longtemps évoqué les multiples périodes de la carrière de Yann Tiersen. On se bornera cette fois-ci à dire que ce Kerr se place dans la lignée de ses dernières productions plutôtambient et d’inspiration bretonne. Et c’est logique et bienvenu. Inspiré comme souvent par son île de Ouessant, il étoffe un peu le son en gardant ses qualités.

Le piano domine les débats et son légendaire sens mélodique y excelle. Mais il n’est pas seul, l’enrobage sonore proposé par le producteur Gareth Jones le multiplie, l’enrichit sans l’alourdir. On se rappelle aussi qu’on avait été moins captivés par Eusa où la nudité desservait un peu la beauté du propos. N’attendez peut-être pas les sommets d’émotion rappelés par les relectures du Portrait paru l’an passé mais outre une petite douceur qu’on aurait tort de refuser, il sait hausser le ton quand il le faut.

Il y a donc de vraies raisons objectives de revenir sur cet album. Il y a d’abord beaucoup de réverb’ sur le piano (Ker Al Loch) et puis le morceau devient plus lancinant, plus fort et déborde donc largement du cadre de ses exercices plus contemplatifs. On a évidemment droit à une impeccable mélancolie (Kerdall) avec une résurgence typique et forcément fondante. Le haut fait restant sans doute le tenace Kerber. Et il y a aussi des morceaux de transition pour compléter le côté narratif.

Le retour breton de Yann Tiersen semblait logique et tout de suite familier mais il avait jusqu’ici privilégié un aspect éthéré qui s’efface un peu ici pour une musique plus riche et plus frontale, plus à même de résuciter les émotions qu’on lui doit.

    Article Ecrit par marc

Répondre à cet article

  • Séance de rattrapage #121 - Carmen Sea, Chris Garneau, Chistine (...)

    Carmen Sea – Sorry (EP)
    Parmi les inspirations étranges, le quatuor parisien Carmen Sea en a une qui détonne. Cet EP est en effet basé sur un accident routier qu’ils ont subi un soir de retour de concert. Ils s’en sont sortis indemnes et avec une énergie qui les a poussés à relater tout ça sur cet EP. Enfin, quand on dit ‘relater’ tout est relatif parce que la musique est essentiellement instrumentale. (...)

  • Edouard Ferlet - PIANOïD²

    L’EP sorti l’an passé nous avait déjà signalé le talent et la singularité d’Édouard Ferlet. On rappelle donc la singularité de son procédé. Il utilise deux pianos dont un mécanique piloté par une machine semble dialoguer avec celui qu’il manipule en direct. Ce pilotage crée un dialogue, indéniablement, mais s’il permet de se laisser surprendre, il faut tout de même une sacrée maitrise.
    Pas de souci à avoir, (...)

  • Ô Lake – Still

    On avait déjà croisé le chemin d’Ô Lake à l’occasion d’une très réussie musique de film. On ne sera pas décontenancés donc par cet album du projet de Sylvain Texier qui utilise la même base avec le même style qui se voit décliné de plusieurs façons.
    Evidemment, il y a du clavier et des cordes, pour un mélange ample et mélodique mais quand il y a un peu de batterie synthétique, elle ne dénature jamais le (...)

  • Denis Frajerman - Tiphaine

    Parfait pour écouter dans votre bain !
    C’est ainsi que la présentation de cet album de Denis Frajerman se conclut. Tout d’abord, faute d’avoir une baignoire sous la main pour vérifier le propos, il convient de réétalonner la perception qu’on peut avoir d’un artiste. A l’aune de ce qu’on a pu entendre de la part du violoniste du côté de Palo Alto ou des imposantes Variations Volodine regroupées l’année (...)