Accueil > Musique > 2021 > Projet Marina - Loin des Dons Célestes

Projet Marina - Loin des Dons Célestes

mercredi 13 octobre 2021, par Marc


On le répète même si c’est une invitation implicite au remplissage de boîte mail, découvrir les artistes en ligne directe est toujours un plaisir. Et c’est ainsi qu’on a rattrapé avec leur second album le train du duo français.

Il pratique une musique d’hybridation, entre veine froide électronique des eighties et tentations plus modernes. Mais s’ils revendiquent une inspiration de Tuxedomoon dont le violoniste Blaine Reininger vient relever deux morceaux ou Coil, on n’approche jamais du versant abrupt et expérimental de ces modèles. On croisera donc des guitares curesques (Noli Me Tangere) mais on s’éloigne de ces canons par plusieurs routes, l’album prenant de la personnalité au fur et à mesure de son éclectisme. On aura donc droit à des sons électro plus modernes et guitare gorgée de reverb’ sur La Nuit Européenne ou un emploi bien pertinent de distorsion électronique (Richesse des Nations). Le violon apporte aussi du mystère à Totems, morceau plus éthéré.

Voix qui déclame, avec un accent et un ton parfaits pour le contexte. Elle est plutôt planquée dans le mix, ce qui est une bonne idée pour l’éloigner du spectre plus pop variété de ces années-là. Bref, c’est plus pop indé anglaise qu’Indochine et ça nous convient mieux que bien. Ils pratiquent aussi occasionnellement un phrasé plus rap (Noli Me Tangere) qui confère un air moderne sans jamais ressembler à la fusion nineties de sinistre mémoire. Quand la voix se fait plus haute sur Quand Tout S’Effondre, on pense aussi à l’ami Centredumonde. Le saxophone de Xavier Thibaud (Subutex) venant opportunément rehausser le tout.

Le premier degré est de rigueur, on n’est aucunement dans le pastiche ou l’ironie, et c’est ce qui fonctionne aussi, la poésie vindicative assumée n’étant jamais forcée et frappant juste. On aime aussi leur versant plus sautillant 14h46 ou Le Soleil Sur L’Epiderme. S’il y a une vraie pulsation sur Ventre à Terre, ils gardent la maitrise, comme si la machine devait se plier à la volonté humaine. Et ça claque, indéniablement. On les suit ou pas. Dans notre cas c’est oui, dès la première écoute et lors des nombreuses suivantes. On est donc content qu’ils soient venus garnir notre boite mail, ils sont maintenant dans nos playlist et nos radars.

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Ultra Sunn - Night Is Mine (EP)

    Vous commencez à nous connaître, vous savez qu’on ne recule jamais devant une petite dose de darkwave bien sentie. Musique de niche et de passionnés, elle garde une étonnante vivacité. Le duo mixte du jour (Sam Hugé et Gaelle Souflet) nous vient de Bruxelles et sort un premier EP sur le label espagnol Oraculo Records et est édité par Jaune Orange.
    Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils maîtrisent les codes du genre et savent ce que sont des gimmicks. Ils sont en effet seuls à la manœuvre et nous (...)

  • NinjA Cyborg - The Sunny Road EP

    L’introduction sur leur page Bandcamp est tellement correcte que je m’en voudrais de simplement la paraphraser. “Ce duo pyrénéen dont la passion pour les synthétiseurs analogiques n’a d’égal que leur amour pour le cinéma d’action des années 80, nous livre avec leur premier EP la bande originale d’un nanard action / SF qui aurait pu sortir en 1985, le tout mis en scène à grands coups de Juno 60 et de TR606”. Voilà tout est dit ou presque, sauf que je vous dois un commentaire sur le résultat.
    La série (...)

  • Hermetic Delight - F.A. Cult

    Il est étonnant de voir à quel point la scène d’influence cold est vivace chez nos voisins du sud. Rien que cette année on a déjà entendu Princess Thailand, Sure sans oublier des formations comme Lebanon Hanover. Sans aller sur des traces aussi batcave, on peut pour partie placer les Strasbourgeois d’Hermetic Delight dans cette mouvance. Au moins pour une part parce qu’il y a aussi beaucoup d’autres choses ici.
    Des éléments dream pop par exemple, ce qui n’est pas exactement une excentricité dans la (...)

  • Lovataraxx - Hébéphrénie

    Vous le savez, on ne rechignera jamais devant un petit album de cold-wave. Le genre ayant connu ses chefs-d’oeuvre historiques et ses défenseurs actuels, on ne peut que juger du plaisir qu’on prend à l’écoute de cette dose de pop synthétique et froide.
    Et du plaisir, le duo mixte français peut nous en fournir. Il y a deux voix donc et elles se complètent plutôt bien. Subjugué qui entame les hostilités est un morceau facile d’accès, taillé pour mettre en confiance à l’abord de cet album. Le label (...)