Accueil > Critiques > 2022

Jem Bosatta – Loss + Love (EP)

lundi 25 avril 2022, par marc


On avait reçu ces morceaux il y a un petit temps déjà, apprécié cette capsule intime et hors du temps. Et voici cet EP dans le monde avec une pochette est un peu trompeuse. On ne se doute pas à quel point on s’apprête à écouter des morceaux folk vraiment intemporels. L’artiste anglais installé à Berlin s’impose d’emblée comme un songwriter de haut vol.

Comment susciter l’émotion sans avoir l’air de quémander des larmes de la part de l’auditeur ? C’est toujours difficile à dire mais ici il y a quelques pistes de réponses. On ne peut pas se cacher, trouver des artifices. Les mélodies sont à nu (celle de Father est très belle), les paroles sont exposées, la belle voix chaude aussi. Vous aurez compris que tout est là pour que ça fonctionne, avec ce petit plus aussi difficile à définir que facile à accepter. Les paroles sont clairement exposées et on se laisse toucher par la simplicité de Memories, par ces souvenirs forcément personnels, ce qui peut être une des raisons de la connivence.

Le tout est rehaussé de discrètes cordes ou d’un harmonica, voire d’un rien de chœurs (mieux dosés que chez Leonard Cohen, je vous rassure tout de suite). Pas de nudité donc, l’austérité n’est pas de mise même si le recueillement est plus à l’ordre de jour que les libations. La facture est donc très très classique mais si ce n’est pas perturbant pour vois (pourquoi d’ailleurs), cet EP a la longueur idéale pour apprécier sans lassitude un univers pétri de talent.

    Article Ecrit par marc

Répondre à cet article

  • Searows - Death In The Business of Whaling

    Phoebe Bridgers est une figure tutélaire assez imposante dans le landerneau des musiques apaisées. Certes, elle est elle-même moins omniprésente que dans un passé récent, mais son ombre plane sur énormément de projets, de Benni à Searows dont on découvre un second album après un EP qui nous avait bien tapé dans l’oreille.
    Ceci est plus sombre peut-être, peut se poser en chainon manquant (…)

  • Tommaso Varisco – Driving Backwards, the Winter EP

    Ça y est, la série de 6 EP de Tommaso Varisco est maintenant bouclée. Après deux premiers EP axés sur les concepts de guerre et paix (qui résonnent encore plus aujourd’hui), il a fait le tour des saisons pour terminer ici, renouant avec la veine folk-rock qu’on lui connaissait sur le toujours recommandable album These Gloves qui l’emmenait dans le nord, très dans le nord. On retrouve (…)

  • Bright Eyes - Kid’s Table EP

    On a toujours apprécié les EP complémentaires, en tous cas bien plus que les rééditions augmentées sensées nous faire passer deux fois à la caisse avec du matériel connu. Les 29 minutes de ce Kid’s Table se profilent donc comme le prolongement idéal du Five Dice, All Threes de l’an passé.
    Assez logiquement, il pratique la même veine riche et ample qui nous avait plus. A cet égard, la plage (…)

  • Elie Zoé - Shifting Forms

    Sur le nom d’Elie Zoé n’a pas encore figuré sur ce site (à l’exception de trois brèves), on peut tout de suite le raccrocher à l’équipe de Coilguns. C’est en effet avec son collaborateur de toujours Louis Jucker qu’il a constitué un studio d’enregistrement pour ce nouvel album et le batteur Luc Hess est également de la partie. Constitué de récupération et situé chez Humus Records, cet (…)