vendredi 17 juin 2022

Il y a plusieurs carrières dans la carrière de Yann Tiersen, ou à tout le moins des périodes, qui s’entrecroisent, reviennent aussi parfois. On ne va pas refaire le parcours à chaque fois mais si on l’a laissé sur des albums au piano et d’inspiration bretonne, on a aussi beaucoup apprécié son approche du post-rock.
L’origine de cet album remonte à la préparation d’un set pour le festival Berlinois de synthé modulaire Superbooth. Il en a profité pour se plonger dans les pistes de son album récent Kerber de très belle facture. Il avait revu sa discographie sur un mode analogique avec Portrait, voici une plongée dans l’électronique (ça sort d’ailleurs chez Mute). Plus en tant qu’éléments pour rehausser les morceaux, non, c’est la matrice même de cet album. Et ce ne sont vraiment pas des remixes non plus, le retravail est plus profond. C’est la profondeur du traitement qui impressionne aussi, il a su transformer sa matière.
Les sons sont un peu vintage évidemment, très marqués par leur nature modulaire mais on note aussi un emploi parcimonieux de glitch et de beats. Tout ça sans le côté top des revivals à la Stranger Things. 3 8 1 16 20 5 18. 14 9 14 5 20 5 5 14 emprunte carrément à la grammaire minimal. Le piano est là , bien évidemment (16 1 12 5 19 20 9 14 5), et l’équilibre se fait à un point différent du mélange de Plastikman et Chilly Gonzales. Son sens mélodique est toujours au top (1 18. 13 1 14 5 18. 11 15 26 8), avec des beats judicieux, dégageant une euphorie qui sourd aussi de ses morceaux acoustiques.
Les noms sont un peu compliqués, on ne peut pas dire qu’on adore cette coquetterie.
On distingue des éléments de morceaux comme Palestine (sur 16 1 12 5 19 20 9 14 5) qui quitte les eaux post-rock de ses origines pour quelque chose d’aussi prenant mais paradoxalement plus noir, comme si Jean-Michel Jarre (on y pense aussi) embrassait con côté sombre. On retrouve aussi avec plaisir les lignes de chant (réenregistrées par Quinquis) du poignant Mary qui conclut ce bel album. Il est probable qu’à part quelques emprunts à des morceaux connus on n’ait jamais pu identifier que c’est Yann Tiersen qui est derrière cet album. Et c’est sans doute le plus bel hommage qu’on puisse lui faire parce que cet album convainc vraiment.
On le signale trop peu, mais certains labels sont des sources de bonheurs auditifs assez manifestes. Sinnbus par exemple nous a présenté Eilis Frawley, Dekker, Einar Stray, Close Talker, Mildfire, Painting, Rue Royale, The/Das ou Yeah But No. Une belle collection que ne dépare évidemment pas Odd Beholder tant Daniela Weinmann continue à nous enchanter.
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