mercredi 7 septembre 2022

On ne s’en rendait pas vraiment compte, mais le gros son saignant de Russian Circles nous avait manqué. Si le post-rock s’exprime en des dizaines de sous-variétés, celle plus musclée du groupe de Chicago nous a toujours été chère. S’ils ont visiblement un peu changé leurs habitudes d’enregistrement sur leur huitième album, composant dans leur coin avant de mettre en commun, force est de constater que ça ne change pas radicalement la donne, et c’est très bien comme ça.
En effet, les accords sont sombres, le son est dense, on est d’emblée chez nous avec eux. Il faut cette puissance pour que l’émotion transpire, que la beauté mélancolique de Bloom nous fasse secouer la tête avec lenteur. Parce que ce n’est pas qu’un album gonflé à la testostérone, ils nous gratifient de belles guitares qui tintent sur Gnosis ou d’arpèges laissés seuls sur à“ Braonà¡in. Mais on s’en doute, ces moments sont aussi l’occasion de reculer pour mieux sauter à la gorge sur Betrayal, avec force roulements de batterie sur Vlastimil. Cet album fonctionne donc dans l’ensemble ou dans le détail, comme en témoigne le beau banger de Circuit.
Chez eux de toute façon le sens mélodique ne s’efface jamais devant la puissance sans jamais verser dans le lyrisme. Cette éthique force le respect et nous vaut une écoute toujours jubilatoire
Il est étonnant qu’un style de musique à la fois ancien et de niche comme le krautrock a une vivacité et une variété bien actuelles. Une des incarnations les plus intéressantes était le projet d’Antoine Messager Pasqualini qui de trio redevient solo pour cet album.
On entend certes des voix sur plusieurs morceaux mais le traitement est fondamentalement différent de ce qu’on entendra bientôt (…)
Anthony Laguerre est un personnage récurrent de ce site, il est intervenu dans presque toutes les saisons. Si on avoue avoir passé un peu l’épisode IKI en accéléré, on l’a apprécié autant chez Filiamotsa que L&S, chez Piles comme Club Cactus, tout seul ou avec Jérôme Noetinger. Ici, il est ici flanqué des deux violonistes Bastien Pelenc et Mathieu Werchowski pour un résultat décoiffant qui (…)
Il était temps que je vous parle de U2. Ah non, ce n’est pas ça... Parce que si oralement on pourrait confondre le nom du projet du jour avec les célèbres Irlandais, ce que vous entendrez ici est radicalement différent. Il y a tout juste un an, on découvrait avec un plaisir certain les Canadiens de You Doo Right. Leur rock instrumental était fort, puissant, poussé par une rythmique assez (…)
Les gens qui mettent en musique les films qu’ils ont dans la tête ne sont pas rares. A une liste qui contient déjà des noms comme Ô Lake ou Abraham Fogg, il conviendra d’ajouter ce multi-instrumentiste. Mais il se distingue aussi de ses correligionaires par l’emploi presque exclusif de sons organiques. Le résultat est donc exempt de beats (mais pas de rythme comme on le verra).
L’effet le (…)