Accueil > Critiques > 2022

Russian Circles - Gnosis

mercredi 7 septembre 2022, par marc


On ne s’en rendait pas vraiment compte, mais le gros son saignant de Russian Circles nous avait manqué. Si le post-rock s’exprime en des dizaines de sous-variétés, celle plus musclée du groupe de Chicago nous a toujours été chère. S’ils ont visiblement un peu changé leurs habitudes d’enregistrement sur leur huitième album, composant dans leur coin avant de mettre en commun, force est de constater que ça ne change pas radicalement la donne, et c’est très bien comme ça.

En effet, les accords sont sombres, le son est dense, on est d’emblée chez nous avec eux. Il faut cette puissance pour que l’émotion transpire, que la beauté mélancolique de Bloom nous fasse secouer la tête avec lenteur. Parce que ce n’est pas qu’un album gonflé à la testostérone, ils nous gratifient de belles guitares qui tintent sur Gnosis ou d’arpèges laissés seuls sur Ó Braonáin. Mais on s’en doute, ces moments sont aussi l’occasion de reculer pour mieux sauter à la gorge sur Betrayal, avec force roulements de batterie sur Vlastimil. Cet album fonctionne donc dans l’ensemble ou dans le détail, comme en témoigne le beau banger de Circuit.

Chez eux de toute façon le sens mélodique ne s’efface jamais devant la puissance sans jamais verser dans le lyrisme. Cette éthique force le respect et nous vaut une écoute toujours jubilatoire

    Article Ecrit par marc

Répondre à cet article

  • Binidu - //

    Si on avait croisé le chemin de Vincent Dupas quand il officiait en tant que My Name Is Nobody, on était passés à côté de ce projet qu’il partage avec Jean Baptiste Geoffroy et Jérôme Vassereau (ils sont aussi tous membres de Pneu). Le troisième album en onze sera donc l’occasion de faire la découverte.
    On sent dès le début de We Grew Apart que le morceau ne restera pas aussi désolé et de fait une (...)

  • Oootoko - Oootoko

    l y a plusieurs expressions qui attirent immédiatement notre attention. Et big band n’en fait pas vraiment partie. Mais il faut reconnaitre que les effectifs pléthoriques sont aussi une belle façon de susciter l’ampleur. C’est précisément ce qui rend Oootoko immédiatement sympathique.
    Impossible donc de valablement tenter le jeu des étiquettes. Même le terme générique de ’musique instrumentale’ ne (...)

  • Midas Fall - Cold Waves Divide Us

    Il ne nous est jamais arrivé de penser qu’une voix manquait à des morceaux. Même quand Albin de la Simone a jeté sur un album instrumental ce qui est devenu plus tard de ’vraies’ chansons, l’élément vocal ne semblait pas indispensable. Dans le cas de Midas Fall par contre, le chant a toujours semblé de trop, redondant par rapport à la majesté du post-rock qui l’entoure. On aborde donc cet album en (...)

  • Séance de rattrapage #121 - Carmen Sea, Chris Garneau, Chistine (...)

    Carmen Sea – Sorry (EP)
    Parmi les inspirations étranges, le quatuor parisien Carmen Sea en a une qui détonne. Cet EP est en effet basé sur un accident routier qu’ils ont subi un soir de retour de concert. Ils s’en sont sortis indemnes et avec une énergie qui les a poussés à relater tout ça sur cet EP. Enfin, quand on dit ‘relater’ tout est relatif parce que la musique est essentiellement instrumentale. (...)