Accueil > Critiques > 2023

Aïtone - Follow

vendredi 21 avril 2023, par marc


Ne pas se considérer comme la mesure de toute chose, proposer des albums qui nous ont plu sans nous faire chavirer, c’est une règle de base de la critique. Comme on peut le déduire des références très ronflantes qui parsèment le dossier de presse (Radiohead, Pink Floyd, The Beatles et Arcade Fire, un record du genre...), l’artiste français revendique des influences anglo-saxonnes.

A ce titre, on peut le placer dans un registre de compatriotes fameux qui vont de Cascadeur à H-Burns. Il y a des dizaines de façons de susciter de l’émotion avec quelques éléments d’électronique mais celle qui est privilégiée ici est plutôt dans le sillage des moments apaisés d’Archive, avec cette émotion qu’il faut susciter à tout prix (Happy Tought) avec une voix très très expressive mais qui ne touche pas comme celle, disons, de Finn Andrews pour reprendre une réussite (exceptionnelle il est vrai) récente. Cette approche-là n’est pas notre truc, on l’a déjà confessé, mais comme c’est fait avec sincérité et compétence, on ne boude vraiment pas son plaisir. On préfère surtout quand la musique se fait plus vaporeuse (As Fire We Fall) ou quand une pulsation relance l’intérêt de Cold & Fever ou encore la belle densité de Le Temps De l’Autre.

Le son est rond et dense, les morceaux sont impeccablement finis. Peut-être trop léchés pour les amateurs de son plus indé. L’émotion pure point moins mais ce n’est pas non plus le but recherché. On ne peut pas faire de reproche objectif, c’est seulement une question d’attentes et cet album pourra combler les vôtres.

    Article Ecrit par marc

Répondre à cet article

  • Terestesa - Bella Faccia (EP)

    On ne le répétera jamais assez, un premier morceau qui claque est toujours une bonne façon de se présenter. Et le groupe toulousain Terestesa formé de deux Françaises et deux Italiennes l’a bien compris. Mondo Cane monte, monte. C’est un peu âpre, très rentre-dedans sans jamais hausser le ton, et vraiment irrésistible. Une pulsation kraut, certes, mais éminemment moderne et aventureuse.
    Mais cet album (...)

  • Mildfire - Kids In Traffic

    Pourquoi les genres disparaissent-ils ? Ces symphonies de poche tellement présentes et attachantes ont un peu perdu de leur lustre et c’est un peu dommage. Parmi ces orfèvres, citons The Annuals, Choir of Young Believers, Musée Mécanique, Fanfarlo ou Efterklang parce qu’il est toujours bon de se rappeler de bons souvenirs. Dans cette veine, on avait spécialement apprécié Einar Stray et on ne (...)

  • The Smile - Wall of Eyes

    Même en 2042 et après avoir sorti 13 albums réussis, The Smile restera ’le groupe des deux types de Radiohead’. C’est comme ça, le groupe d’Oxford est trop ancré dans la culture pop pour passer au second plan de quoi que ce soit. Mais cette encombrante et inévitable figure tutélaire ne doit pas oblitérer les qualités indéniables de The Smile. Les deux protagonistes, flanqués du batteur Tom Skinner au (...)

  • Maxwell Farrington & Le Superhomard - Please, Wait...

    On ne peut pas dire que la paire formée par Maxwell Farrington et Le Superhomard (le producteur français Christophe Vaillant) se repose sur les lauriers d’un premier album remarqué. Après un EP il y a deux ans et une tournée intense, voici déjà le second album en peu de temps sur le toujours excellent label Talitres.
    Australien établi à Blinic en Bretagne, Maxwell Farrington propose sa belle voix de (...)