lundi 18 mars 2024

Fuck Cute/I’m Tired of Cute/Cute has never served me
Il ne faut pas se laisser tromper par la délicatesse d’Ella Ronen. Si on est séduit d’emblée par les plaisirs doux qui ne sont pas sans rappeler ceux de Marie Modiano (référence ancienne on en convient...), la jolie voix propose une écriture plus profonde, sans doute parce qu’elle repose sur un substrat qui a son content de drames.
Une des histoires vraies qui sous-tendent cet album est un viol auquel elle a échappé et évoqué assez pudiquement sur le premier morceau. Le final Rearview Mirror évoque quant à lui ses grand-mères qui ont fui l’oppression européenne ou iranienne dont elles étaient victimes en tant que Juives. Ella vit quant à elle en Suisse. Plombant alors cet album ? Pas du tout.
Parce que ce n’est pas un album qui décrit, parce que l’art peut transcender ces difficultés et servir de témoignage. D’ailleurs, une écoute plus distraite ne mettra pas ces choses en lumière, tout comme elle ne permettra pas d’identifier le clin d’Å“il à Leonard Cohen sur Undercover. Tout le monde profitera cependant de la production de Sam Cohen, qui chante aussi un peu ici.
Le ton reste délicat, s’appuyant sur un sens mélodique certain et ne reculant pas devant un peu d’électricité (et un poil de vocoder) sur The Mall. Et même quand elle se fait plus languide, c’est toujours relevé (Tightrope). Bref, dans l’ensemble ou dans le détail, distraitement ou en profondeur, Ella Ronen peut convaincre sur tous les de plans.
Phoebe Bridgers est une figure tutélaire assez imposante dans le landerneau des musiques apaisées. Certes, elle est elle-même moins omniprésente que dans un passé récent, mais son ombre plane sur énormément de projets, de Benni à Searows dont on découvre un second album après un EP qui nous avait bien tapé dans l’oreille.
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