Accueil > Critiques > 2024

Michele Ducci - Sive

lundi 17 juin 2024, par marc


Un piano, une voix, voilà ce qui constitue le gros de ce premier album de l’Italien Michele Ducci. Mais il ne fait pas s’y tromper, celui qui était la moitié du groupe electro-pop M+A offre sur cette base un bel album d’une richesse réelle. Et surtout, on capte au passage quelques fort beaux morceaux.

Notre préférence va sans doute à la simplicité de River qui frappe juste, ou alors au sol plus dense de Here You Are qui donne de la profondeur, ou encore aux brouillards électriques sur Hebrides. Il faut dire que sa voix accueillante assure le liant et maintient l’auditeur en haleine.

Parce qu’on l’a dit, son économie de moyens permet bien des variations, pouvant confiner au r’n’b sur Matter of Today ou au groove sec de Just Because. On est un peu moins clients de morceaux plus alanguis comme Feelings qui dégagent au final moins d’émotion que les plus sobres, sans doute à cause d’une expressivité bien marquée. Mais on ne peut que s’incliner devant sa capacité à moduler les résultats sur cet album, pouvant même se faire anxiogène sur Hic. Bref, cet album faussement minimaliste est finalement bien dense et varié, de quoi en faire un conseil franc.

    Article Ecrit par marc

Répondre à cet article

  • Beth Gibbons - Lives Outgrown

    Si après 15 années de Beak> et 5 albums, Geoff Barrow est toujours considéré comme ’le mec de Portishead’, que dire de Beth Gibbons qui s’est effacée de la vie publique depuis tant d’années ? Cette sortie a donc autant surpris qu’enchanté.
    Fort heureusement, musicalement, ce Lives Outgrown ne tente pas de souffler sur les braises du trip-hop. Et c’est intentionnel. Le résultat est donc moins ancré dans (...)

  • Sarah Mary Chadwick - Messages To God

    Dans une ère où toutes les émotions sont passées sous l’éteignoir d’une production qui lisse, il est plaisant de rencontrer des voix (forcément) discordantes comme celle de la Néo-Zélandaise Sarah Mary Chadwick sur son huitième album solo. On se frotte d’emblée à ce ton naturaliste et direct qui n’est pas sans rappeler Frida Hÿvonen. Frontal donc, d’une sincérité qui peut aller jusqu’au malaise. La dernière (...)

  • Anohni and the Jonsons - My Back Was a Bridge for You to Cross

    Une limitation connue de la critique est qu’elle intervient à un temps donné, dans un contexte. Or on sait que les avis ne sont jamais constants dans le temps. Ainsi si I am a Bird Now a beaucoup plu à l’époque, on le tient maintenant comme un des meilleurs albums de tous les temps, tous genres et époques confondus. Cette proximité crée aussi une attente quand que les Jonsons sont de nouveau de la (...)

  • Jungstötter - Air

    Quand on a découvert Jungstötter, c’était presque trop beau pour être vrai. En se situant aux confluents de tant de choses qu’on aimait comme Patrick Wolf ou Soap&Skin (dont il a assuré les premières parties) ou Anohni, il a délivré avec Love Is un de nos albums préférés de ces dernières années. C’était aussi l’occasion de retrouver des collaborateurs talentueux comme P.A. Hülsenbeck qui d’ailleurs est (...)