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Edvard Graham Lewis – Alreed ?

mercredi 9 avril 2025, par marc


Certes il y a les historiens, mais rien ne vaut ceux qui ont vécu une époque. Ce n’est pas un hasard si c’est un authentique Wireophile qui a attiré notre attention sur cet album (et il en parle très bien). Bassiste et fondateur des légendaires Wire, Graham Lewis a déjà sorti des albums quand la plupart des défenseurs actuels du genre (Squid par exemple) n’étaient pas nés. En sus du groupe de base, on peut citer Dome (avec Bruce Gilbert de Wire) ou Duet Emo (les deux mêmes plus Daniel Miller du label Mute). Dans ses autres projets qu’on n’a pas écoutés non plus, il faut visiblement citer UUUU ou FITTED. Ce qu’on peut en retenir c’est qu’il est à l’aise avec ses envies musicales.

Ce n’est pas un album de gimmicks, de clins d’œil nostalgiques, c’est une vraie œuvre aventureuse comme on peut l’espérer d’un musicien aussi rompu à l’expérimentation. Cependant, ce n’est pas non plus un réceptacle d’idées non abouties mais un album à la fois mystérieux et direct. Pas datée non plus, cette musique plaira évidemment aux fans des chemins de traverse.

Jamais anguleuse, vénéneuse sans doute, sa musique évoque ce que serait Legendary Pink Dots en groupe de post-punk. Par exemple sur Key Weapon qui n’est pas un morceau commode. Cet album s’adresse à un public qui vient en connaissance de cause et ce genre de morceau, fascinant avec la bonne dose d’abandon, pourra aussi rebuter. Mais il ne se perd jamais comme sur Last Scene où la complexité ne se fait jamais complication et peut même être directe le temps d’I Still Remember.

Mais ce qu’on aura préféré ici, ce sont les moments qui cultivent le mieux un certain mystère. Avec les tentations orientales de Diamond Shell par exemple ou le son dense de guitare de Bang. Et puis il y a un je-ne-sais-quoi de fragilité dans la voix et la diction très anglaise qui le différencie aussi, renforcement si besoin un attachement qui n’avait pas besoin de ça.

    Article Ecrit par marc

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