mardi 10 juin 2025, par

On vous avait déjà parlé de musiques de films, de séries, de documentaires, de spectacles de danse, d’installations et même de restaurants, on inaugure la musique de cirque. Dans le genre, difficile de faire plus raccord que le premier album de Beirut avec ses cuivres balkaniques. Mais le temps a passé et Zach Condon a consacré énormément d’efforts à sortir ce cet étroit carcan musical. Et ce qu’il produit maintenantet dont ce A Study of Losses est le parfait rejeton propose un contrepoint au contexte circassien.
C’est en effet une commande d’un cirque contemporain suédois (Kompani Giraff) qui a amené Zach Condon à accoucher de ce septième album sur lequel le contexte n’est absolument pas décelable. Evidemment, on retrouve logiquement de nombreuses plages instrumentales faisant la part belle aux cordes. Et le résultat peut se révéler éminemment classieux sur Oceanus Procellarum.
Au passage, on découvre de vrais moments de beauté comme Villa Sachetti qui fait l’impasse sur les cuivres. On note aussi le retour des rythmiques synthétiques sur Guericke’s Unicorn (un des grands moments) mais c’est très atténué et ne perturbe en rien la mélancolie du propos. Il y a des synthés étranges et forcément vintage sur Ghost Train qui ajoutent à la répétition du morceau qui est devient presque une psalmodie. Mais il reste de la place pour des plages plus simples et alanguies comme Sapho’s Poems.
Et si cette commande était la meilleure nouvelle pour les fans de Beirut ? L’art peut naitre de la contrainte comme cet album conforme au style récent de Zach Condon le prouve brillamment.
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