lundi 26 mai 2025, par

Le morcellement des plateformes d’écoute m’empêche d’avoir une vue complète des écoutes mais pour l’année 2024, Chasseur était très haut dans les rotations. C’est un signe comme un autre que l’album En Diagonale avait plu et résistait aux hautes rotations. Il en est de même ici vu qu’on peut le considérer comme plus percutant et constant.
Cela dit, la formule reste la même, c’est toujours lancinant, jouant de la répétition sans jamais lasser, le format toujours compact étant un atout certain en la matière. Ce style est d’emblée mis en évidence sur C’est Comment Qu’on S’Aime ? (il y a sans doute une allusion bashungienne là-dessous).
Gaël Desbois garde sa voix qui déclame plus qu’elle ne chante, ce qui ajoute au côté un peu distancié. Les textes ont la bonne distance entre une poésie assumée et des évocations bien réelles. C’est une transcendance du quotidien, une envie de recul sur les choses qui est en excellente adéquation avec la musique.
Ce style bien défini se module bien entendu. Avec des synthés plus marqués et plus marquants sur A Nos Âmes. On confine à la synth-pop statique sur Cavaliers Solitaires ou Encore et le résultat peut être au choix faussement enjoué (Dans La Brume) ou plus mélancolique (Sur Les Routes).
On aime bien les albums courts, de ceux qui ne se perdent pas, qui gardent le cap. Ceci est l’artisanat dans ce qu’il a de plus pur, le raffinement d’un art par le polissage continu, par la recherche aboutie. Nos Vies En Parallèle n’est sans doute pas la fin du cheminement mais il est rudement abouti et cet artiste reste une découverte à faire.
Les EP ont parfois cette fonction de prendre des nouvelles des artistes de temps en temps (même si on le lit souvent ici). Comment va Centredumonde en cette fin 2025 ? Je dirais ‘bien’. Mieux que ça serait suspicieux de toute façon. Son énergie est là, c’est manifeste. S’il est illusoire d’écouter ce Moteur Étrange comme motivateur, il s’en dégage une vitalité paradoxale.
Sur Camarde, (…)
Ce qui a frappé lors de toutes les nombreuses écoutes du second EP du trio français Simone d’Opale, c’est la propension à proposer deux visages. Les débuts de morceaux sont attachants, lumineux et pop tout bien comme il faut, mais ils se fendent presque toujours en leur milieu pour s’envoler à la verticale et rester bien haut, avec une densité rarement entendue dans la pop francophone. (…)
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On avait aimé cet ancrage fort dans la réalité sans aucune indulgence et on le retrouve ici. Il y a cette transcendance du (…)