mercredi 20 août 2025, par

Épisode 1 : Un peu de contexte
Quelques changements sur lesquels il n’est pas passionnant de s’étendre ont pour conséquence immédiate de réduire drastiquement mon temps d’écoute. Ce changement de paradigme entrainera forcément une forte réduction des publications ici. Avant de trouver des modalités, je pense que le temps est venu de revenir sur les raisons et les conditions de cet étrange hobby et fournir quelques réflexions même si vous n’avez absolument rien demandé.
Premier rappel, ceci est un hobby. Prenant, certes, plaisant, pour sûr, mais absolument non rémunérateur. Il me semble que ça va de soi, mais on ne sait jamais. Aussi, si j’ai pris la discutable habitude d’utiliser la première personne du pluriel dans les articles, celui-ci impose le singulier.
Ce site a vu le jour sous une autre forme en 2003, quand Fred et moi avons voulu lancer un site sans trop savoir quoi y mettre. Je me suis rappelé que j’avais déjà écrit de très petits articles sur des albums pour le journal étudiant. C’est parti comme ça, ça aurait pu être autre chose, comme un approfondissement des aventures de Superdan’up (je vous montrerai ça un jour) qui ont été publiées sur ce site-là.
Une migration vers Spip (qu’on utilise toujours) plus tard, et le rythme de croisière a été vite pris. Et ça fait plus de 22 ans que ça dure. Les changements de mise à forme ont été finalement réduits, la ligne éditoriale n’a jamais dévié. Le line-up s’est parfois provisoirement étoffé mais, en gros, j’ai écrit 2500 des 3000 articles publiés ici. Avec très peu de remise en question, le plaisir de la découverte et de l’écriture ayant toujours été là. Comme dans toutes les bonnes histoires, il aura fallu un élément extérieur pour remettre les choses à plat.
Mais écrire en ligne depuis 22 ans ou presque fait de moi un vétéran du web. Non, je ne vais pas me lancer dans des souvenirs et anecdotes parce que j’en ai fort peu, mais le monde en ligne a forcément énormément changé depuis 2003, époque du modem 56k, sans Facebook ni youtube ni site de streaming et où même Myspace se lançait. La mode même des blogs n’était pas encore là non plus.
A l’époque, écrire sur la musique était moins incongru que maintenant. Avant l’hégémonie des réseaux sociaux, il y a même eu un phénomène qu’on appelait ’blogosphère’, un ensemble hétérogène de gens qui parlaient soit d’eux soit d’un centre d’intérêt particulier et qu’on regroupait par sujet. Oui, j’ai participé à un ’classement de la blogosphère’, vers 2008 (je n’ai pas retrouvé de lien). Bref, peu de personnes peuvent se targuer d’une inertie comme la mienne. On peut y voir une qualité si on veut...
Mais revenons en 2025 et à une critique musicale réduite à sa portion congrue. C’est d’autant plus étrange que cette époque où la quantité de musique disponible est infinie aurait besoin de curation, de conseils, de recul. Mais on a délégué ça aux algorithmes. Autre grosse différence, il me semble qu’on s’écharpait beaucoup plus sur le sujet. Les commentaires d’un site comme Pop-Rock.be étaient des foires d’empoigne. Evidemment, le fait que le rédacteur en chef soit une figure très toxique (lisez Les Yeux Rouges de Myriam Leroy pour avoir une idée du personnage, c’est littéralement lui...) ne favorisait pas l’apaisement. Je le remarque ici aussi que le nombre de commentaires est en chute constante, est à presque zéro depuis bien longtemps. On lit moins sur la musique, on réserve les interactions aux réseaux sociaux. Et puis on ne va pas se voiler la face, ce site est assez confidentiel aussi.
Les réseaux sociaux ont capté l’attention de l’audience à des fins publicitaires. Aller sur Facebook aujourd’hui, c’est se frotter à 80% de contenu non sollicité mais qui peut potentiellement susciter la curiosité. Tout est fait pour y passer du temps. Une des conséquences est que les liens externes sont très peu mis en avant. Je pourrais augmenter mon ’engagement’ en interagissant plus mais ce n’est pas un but en soi, j’essaie au contraire de m’en dégager. Pour beaucoup de monde, facebook (ou insta ou X ou Tik-Tok) c’est internet et vice-versa.
Petite observation au passage : on ne ’like’ que ce qu’on connait. Et quand comme ici on privilégie les découvertes, ce n’est pas gagné. Je reçois plus de ’kudos’ sur Strava pour aller courir 8km de la part de mes 26 abonnés que pour 200 mots sur un.e artiste de la part de mes 510 ’amis’. C’est une réalité chiffrée, vous pouvez vérifier. Mais je ne blâme personne, à titre personnel je lis relativement peu sur la musique finalement.
Je vais boucler ici pour aujourd’hui, j’imagine que ce sera plus digeste par plus petites quantités. Et je n’ai pas encore rédigé la suite non plus.
PS : la photo d’illustration n’a aucun lien avec le contenu, j’ai amassé un grand nombre de photos de concerts au fil des années.