Accueil > Critiques > 2026

Moby - Future Quiet

mercredi 18 février 2026


Il faut sans doute être d’un certain à¢ge pour le reconnaitre mais Moby a été un passeur, un de ces artistes qui ont montré aux amateurs de rock ce qui se cachait derrière le voile electro. Je vous parle d’un temps d’avant un carton planétaire. Mais cette veine n’est qu’une des lignes de force d’une imposante discographie.

On ne va donc pas tenter de résumer les 22 albums précédents. Surtout que Moby n’a plus eu l’honneur de nos colonnes depuis longtemps. On ne peut pas dire qu’Hotel avait beaucoup séduit d’ailleurs mais il s’agit de toute façon d’un album plutôt décrié.

La série Stranger Things a remis au goà »t du jour quelques carrières vénérables. Sur la dernière saison, on entend brièvement à un moment-clé le beau When It’s Cold I Like To Die tiré d’un album de 1995. C’est ce qui a donné l’impulsion pour le retrouver ici, dans une nouvelle interprétation par Jacob Lusk (du trio Gabriels) qui peut se révéler poignante si vous y êtes bien disposé. C’est beau, indéniablement. D’une manière générale, il y a peu de voix sur cet album. On note surtout celle, presque Bel Canto d’Elise Serenelle et une ligne de chant plus minimale sur Retreat.

Sur This Was Never Meant For Us, ce n’est pas le chant désolé qui intéresse mais les cordes synthétiques plutôt amples. L’ampleur n’est pas toujours visée, il y a aussi des plages plus simples qui mettent en évidence son talent de mélodiste. Mais il faut être honnête aussi, quand on a fréquenté les exercices piano solo d’artistes comme Christine Ott et de plein d’autres, ceci apparait comme moins sophistiqué. Il ne s’en soucie sans doute pas, le curseur étant depuis longtemps poussé vers un ambient plus modeste dans les intentions et les résultats. Un artiste comme Yann Tiersen s’aventure beaucoup plus loin par exemple.

Cette veine plus ambient encore d’ailleurs plus convaincante comme sur Ruhr ou Selene. La colonne vertébrale de l’album est là , dans ces morceaux apaisés. Cet album devrait être fourni avec une boite de thé. Ce n’est aucunement une critique, c’est presque une posologie. S’il n’y a volontairement que peu d’adrénaline, il y a un savoir-faire manifeste et une envie qu’on ne peut que saluer.


Répondre à cet article

  • Jungstötter - Sustained

    Le premier album de l’Autrichien Jungstötter reste une des valeurs sûres vers lesquelles on revient année après année. Dans le sillage d’un Patrick Wolf ou d’une Soap&Skin dont il avait assuré les premières parties, il est une des valeurs sûres de notre discothèque (aussi virtuelle soit-elle). On avait senti dès les second album que les envies de Fabian Alstötter avaient changé et celui-ci (…)

  • Searows - Death In The Business of Whaling

    Phoebe Bridgers est une figure tutélaire assez imposante dans le landerneau des musiques apaisées. Certes, elle est elle-même moins omniprésente que dans un passé récent, mais son ombre plane sur énormément de projets, de Benni à Searows dont on découvre un second album après un EP qui nous avait bien tapé dans l’oreille.
    Ceci est plus sombre peut-être, peut se poser en chainon manquant (…)

  • Soap&Skin - Torso

    On ne peut pas dire que l’exercice de l’album de reprise soit notre préféré. Si c’est amusant à petites doses, l’aspect presque toujours hétéroclite de reprises diverses par un.e artiste ou de rerpises d’un.e artiste par une multitude est souvent rébarbatif. Mais avec une forte personnalité musicale établie avec parcimonie lors de ces 15 dernières années, on savait que la cover était un des (…)

  • The Cure - Songs of a Lost World

    ’Cette année c’est la bonne’. C’est ce qu’on s’est dit quelques fois avant d’abandonner l’espoir d’un nouvel album de The Cure. Lequel n’était même pas indispensable, on les sait toujours capables de longues tournées de longs concerts de longues chansons. Et puis l’intégrité de la bande de Robert Smith, pronant le ticket pas cher à l’heure des prix dynamiques ou privilégiant les longues intros (…)