lundi 3 août 2026, par

Si vous fréquentez ce site, même très occasionnellement, il ne vous aura pas échappé qu’il y a quelques marottes, quelques artistes fétiches. Parmi ces attachements presque irrationnels, il y a Shearwater qui a toujours été défendu en nos colonnes tout en ne semblant pas être destiné à une large diffusion. Il n’en reste pas moins que notre plaisir d’auditeur est sincère et il n’a pas vraiment diminué avec cet album.
Si la connivence ne s’est jamais perdue, l’évolution au cours des années est assez marquée. Après une brillante trilogie qui faisait la part belle à un lyrisme très peu rentré, Jonathan Meiburg et ses partenaires du moment ont viré vers un style plus direct avant la formule actuelle qui avec le recul nous plait plus que cette transition. C’était de la musique taillée pour le live grâce aux performances des musiciens et d’un vocaliste assez unique, c’est maintenant plutôt de la musique à déguster au casque.
Si rien ici n’est aride ou rêche, il faut de bonnes conditions d’écoute pour déguster Even Song. Et des morceaux comme A Mink In The Dusk prennent un peu plus de temps pour se révéler à cause de leur discrète luxuriance. On peut y voir comme une version plus enlevée de la plupart des morceaux de Loma. Pour rappel, cette formation plus récente au succès plus affirmé a un line-up assez similaire. Emily Lee remplaçant Emily Cross auprès de Jonathan Meiburg et Dan Duszinsky dans Shearwater.
Par rapport à des albums comme Golden Archipelago, un morceau comme Slugs in the Marigolds semble une version un peu atténuée de, disons, Stars of the Age. Il reste évidemment des traces de tentations héroïques. C’est Daydream Unbeliever qui les exprime le mieux ici. Mais il n’est pas interdit de préférer la tension plus rentrée d’Anamesia qui frappe extrêmement juste. Meiburg est un des meilleurs interprètes qui soient, point à la ligne. Parce que même s’il y a un chanteur très expressif et un son volontiers spectaculaire, c’est la façon d’intégrer la tension qui plait, comme sur The Only Sound I’m Afraid of dont sourd une vraie euphorie (les guitares finales), une exultation à peine rentrée qui bénéficie de la présence à la batterie du revenant Thor Harris qu’on avait entendu du côté de Swans.
Le dernier morceau est une longe plage à la limite de l’ambient sur laquelle on entend Laurie Anderson. Alors oui, retrouver cette icône dans un rôle aussi apaisé fait indéniablement plaisir, mais on sent le côté ‘il ne faut pas rester là, monsieur, on ferme’. Il n’en reste pas moins que toute considération objective mise à part, Shearwater reste une formation qui nous reste chère, et cet excellent album vient renforcer ce biais cognitif assumé
L’avantage du temps qui passe, c’est qu’un moment donné, il ne sert plus à rien de ’courir après’, les modes sont passées et rester soi-même est la stratégie la plus payante. On l’a constaté avec les albums récents de Broken Social Scene, Ladytron ou The Notwist et c’est déjà ce qu’on ressentait il y a onze ans au moment de la dernière critique publiée (on avait involontairement manqué The (…)
Une pochette toujours foisonnante mais en noir et blanc cette fois-ci, c’est le premier contact qu’on a avec ce treizième album critiqué en nos colonnes. On a donc une familiarité certaine avec la formation de Kevin Barnes mais on sait aussi que ses aspirations du moment influencent sensiblement le résultat, du plus calme au plus délirant. Donc, dans le contexte d’un album d’of Montreal, ceci (…)
Une personnalité aussi forte que celle de Xiu Xiu est un appel à la reprise. On connaissait leurs reprises depuis longtemps, c’est peut-être via leur cover de Don’t Cha qu’on s’était frottés une des premières fois à leur univers. Les morceaux présentés ici sont une compilation de ceux qui sont proposés mensuellement à leurs souscripteurs Bandcamp.
Le trio s’approprie forcément ces morceaux (…)
Il est des artistes qu’on aime précisément pour leur radicalité. S’ils ont su arrondir les angles parfois, on dénote chez A Place To Bury Strangers, Xiu Xiu ou HEALTH une propension à en faire trop parce que c’est comme ça qu’on ouvre des voies, qu’on évite la tiédeur.
Ce qu’on a dit du précédent RAT WARS s’applique bien toujours ici. Les sons de guitare peuvent être rà¢peux, c’est toujours (…)