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Walk The Line : B.O.F.

vendredi 25 août 2006, par Marc


Avouons-le : cette critique n’est qu’un prétexte. Tout d’abord pour ne pas avoir à critiquer un film que j’ai vu et apprécié ensuite pour avoir l’occasion de vous parler d’un artiste majeur.

Car la performance du film constitue paradoxalement le moindre intérêt de cette bande originale qui comporte son lot de classiques (Cry, cry, cry, Walk The line, Folsom prison blues, Jackson...). En effet, il faut saluer la performance de Joaquin Phoenix et Reese Whitherspoon qui interprètent eux-mêmes les chansons du film dans des scènes de concert toutes très réussies. Force est de constater que la performance est remarquable (et remarquée puisque l’interprète de June Carter s’est vu octroyer rien moins que l’Oscar) et que le mimétisme est saisissant. Seule une confrontation directe des interprétations permet de déceler le caractère plus brut, encore plus austère et la voix vraiment incomparable de Johnny Cash.

Car c’est sans doute le second mérite du film après ses qualités intrinsèques, il va faire redécouvrir un pan entier de la musique populaire américaine. Si la country évoque souvent les bouseux en stetson, le square-dance ringard par des chanteurs à la voix de canard, voire les insupportables roucoulades d’un Garth Brooks, il y a fort à parier que beaucoup seront séduits par ce pionnier car il est presque un style à lui tout seul. Un peu comme la révolution folk-rock électrique qu’abordera son comparse occasionnel Bob Dylan quelques années plus tard.

Si les histoires évoquées sont vieilles comme le monde, tirées de la grande tradition des conteurs (le folk raconte souvent des histoires), la forme musicale, tracée qu cordeau et portée par la voix de baryton, est une étape importante dans le rock naissant (les premiers enregistrements, récemment réédités, datent de 1955). Sur cette bande-son figurent également des titres contemporains interprétés par des acteurs jouant qui à Jerry Lewis, qui à Elvis Presley. Si le boogie ou le rock originel sont fort banals aujourd’hui (les versions réinterprétées sont même carrément dispensables, mais elles figurent dans le film, ce qui justifie dès lors leur présence), les titres de Johnny Cash gardent une certaine fraîcheur, due principalement au fait qu’ils sont moins usés jusqu’à la corde dans nos contrées.

Je ne saurais donc que vous encourager à vous procurer une des nombreuses compilations à taille variable (j’ai une préférence pour The Essential Johnny Cash en 2 CD qui reprend le fil chronologique des enregistrements Sun Records à sa collaboration avec U2) ou un des légendaires enregistrements de sa tournée des prisons pour l’ambiance véritablement électrique.

Je vous conseillerai aussi la vision du film (en version originale sinon ce n’est même pas la peine) d’une facture certes terriblement classique, mais transcendé par la prestation des acteurs et porté par de vrais morceaux de bravoure comme quelques fort bons duos et un Jukebox blues qui doit tout à la gouaille de Reese Whiterspoon. (M.)

Article écrit par Marc

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