mercredi 13 juin 2007

Retour de forme
C’est dingue de penser que c’est la quatrième fois que je critique un de leurs albums. Parfois je me dis que l’énergie dépensée à écouter puis commenter Vive La Fête pourrait être employée plus judicieusement. Et puis c’est quand même un des aspects fondamentaux de ce hobby, non ?
Couple hétéro mais au large public LGBT, Vive La Fête a su jouer de sa sensualité pour ne pas disparaître d’un paysage electro léger qui brà »le ses idoles à une vitesse grand V. Danny Mommens (rappelons quand même qu’il a fait partie de dEUS) et Els Pinoo n’ont en effet jamais manqué de piquant et cette pochette évocatrice est pour moi assez réussie. Plus en tout cas que le fantasme camionesque du précédent Grand Prix. Heureusement la musique suit la même tendance.
Personne n’a jamais aimé ce groupe pour son strict intérêt musical. C’est de la musique hédoniste qui se déprécie à l’analyse. Ils s’appuient de toute façon depuis un temps sur une formule guitare-basse-batterie assez classique. Sauf que le tout est volontairement artificiel. Quand ils s’écartent de cette voie, c’est pour, selon eux, rendre hommage à Gainsbourg avec l’instrumentation presque entièrement en violon à touches de La Route. Mais on trouvera des traces du premier album de Depeche Mode, celui composé par Vince Clarke (Je Suis Fà¢chée). D’une manière générale, ils n’ont peur de rien. Même pas de l’électro-pop simpliste en allemand (Quatsch).
S’il se dégage d’un bout à l’autre un côté rentre-dedans dans le sens punk électronique du terme, c’est quand même un peu répétitif. Mais qui va souvent s’enfiler le tout d’une traite ? Faut-il à tout prix remplir un album ? Visiblement, c’est une obligation pour exister médiatiquement. Pour les groupes plaisants mais pas spécialement variés, c’est une contrainte qui ne les sert pas.
Encore une fois, l’énergie de la musique s’appuie sur un français, disons... déroutant. Ce qui amène comme parfois son lot de bonnes surprises (Les rochers se morfondent/Ce sont les vainqueurs) ou de coups de gueule basiques (Télévision/C’est vraiment con/Les gros connards/Ce sont des stars). Toi aussi apprends le français grà¢ce à la méthode Vive La Fête (Une Par Une) semble être un de leurs slogans. Avec parfois très peu d’intelligible (Stupid Femme qui est heu... comme son titre l’indique) et au demeurant peu de mémorable. Ce n’est jamais de la métaphysique de haut vol mais finalement ils n’ont pas à rougir sur le strict point de vue sémantique et de la forme.
On retrouve cependant moins de crétineries absolues que sur le précédent. Ils ont touché le fond et en sont revenus. A part quelques exemples mentionnés, rien ne les fera rentrer dans la pléiade mais rien n’est suffisamment stupide pour gà¢cher le plaisir tout simple de ce riot grrrrls synthétique.
La crédibilité kitsch les fait reprendre Polnareff. Il faudra que les gens sachent qu’on n’en a absolument rien à faire de ce porte-moumoute pathétique depuis 40 ans. Cette version-ci de Love Me n’est même pas rigolote, ce qui est un comble. Il faut attendre dix minutes de blanc pour trouver une version plus acceptable, certes, mais tout aussi dispensable.
Allez, Vive La Fête n’a toujours rien apporté à la musique festive belge mais leur dernière livraison livre le quota demandé de petites pastilles énergétiques coquines. Moins primaire dans ses évocations que son prédécesseur, il applique avec efficacité et un peu de répétition ses recettes éprouvées.
On le signale trop peu, mais certains labels sont des sources de bonheurs auditifs assez manifestes. Sinnbus par exemple nous a présenté Eilis Frawley, Dekker, Einar Stray, Close Talker, Mildfire, Painting, Rue Royale, The/Das ou Yeah But No. Une belle collection que ne dépare évidemment pas Odd Beholder tant Daniela Weinmann continue à nous enchanter.
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