Accueil > Musique > 2007 > Blackstrobe - Burn your own church

Blackstrobe - Burn your own church

jeudi 27 septembre 2007, par Fred

De l’electro-metal-indus taillé pour la scène.


Habitués des remixs et des DJ sets, les Black Strobe sortent ce premier album après près de 10 ans de bons et loyaux services sur les dance floors.
Le titre de l’album résume bien l’ambiance générale : Black strobe a brûlé , ses idôles, ses références. Il les a assimilées et nous livre un produit synthétique de celles-ci manipulant le beat, le potard et les filtres aussi bien que la guitare et la distortion.

On pourra donc être surpris si on attend un album purement electro.
Le permier morceau Brenn di Ega Kjerke avec sa montée en puissance continue sur près de 3 minutes, est là pour nous faire passer le cap en douceur avant de trouver Shining Bright Star, Girl Next door, morceaux plus lourds aux accents et à la construction plus rock.

Sur Blood shot eyes, on croirait presque entendre un groupe de metal qui aurait découvert les boutons d’effets de la table de mixage (oui, vous avez tous joué avec ces 4 boutons), mais c’est tellement puissant que ça marche.

Allant jusqu’au bout du crossover, I’m a man est un morceau de blues classique, roots, un peu comme ceux que Johny joue devant une foule de beaufs hurlants, au détail près, c’est que le son sur le "refrain" ici est grossi, sali, "industrialisé " suivant les canons de la production electro actuelle.
Et pourquoi pas si ça marche ? Et ça marche.

Du côté plus électro que rock de la barrière, on mettra tout de même last club on earth, le planant Lady 13 ainsi que l’electroide buzz buzz.

Intermède plus calme mais encore plus paisant, Crave for speed nous ramène vers des références de slow indus joués au piano, par exemple par NIN.

On se trouve en résumé devant un hybride, fils de Ramstein et de Daft Punk, cousin de Vitalic, parent par sa mère de Nine inch nails.

Tout celà sur album peut parraître déroutant.

Cependant ça prend tout son sens en concert.
Après les avoir vu deux fois, je ne peux que m’avouer convaincu.
Ces morceaux semblent en fait être taillés pour la scène.
Défendus à la sueur du front par un grand barbu, à la dégaine plus proche de celle de Lemmy de Motorhead que de celle Vitalic et ayant la presence scénique d’un Till Lindemann, ces défouloirs soniques retournent sa prévenir la foule et la font bouger et chanter comme peu de performances electro live qu’il m’ait été donné de voir.

Un groupe dont je vous je vous recommande donc l’album, mais dont je vous recommende encore plus de voir en concert.

Article Ecrit par Fred

Répondre à cet article

  • Spelterini - Paréidolie

    Cet album du quatuor (dont deux membres de Chausse Trappe et de Papier Tigre) nommé d’après une funambule italienne est en fait un log morceau de 33 minutes. Cette lenteur, cette longueur sont le morceau. Il faut savoir se laisser happer, garder un peu de concentration pour que ça percole comme il faut. On entendra un long son qui monte pendant plusieurs minutes avant qu’une grosse caisse ne pointe le bout du nez. Et puis on vire vers un krautrock placide qui évidemment s’emballe un peu. Avec une (...)

  • Fanfara Station - Boussadia

    Fanfara Station, c’est le multi-instrumentiste tunisien Marzouk Mejri, le trompettiste américain Charles Ferris, et le producteur/DJ italien Marco Dalmasso. Ensemble, ils tentent de mélanger l’énergie des rythmes et chants du Maghreb avec celle d’un dancefloor. Et ça marche parce que Nagran est un méchant groove rehaussé d’électronique. Mais sans tomber dans le gros beat qui tache. Une performance en soi, un résultat à haute dose énergétique.
    Cet album est majoritairement chanté en Arabe et outre la (...)

  • C’mon Tigre – Scenario

    On connaissait déjà la formation à l’étrange patronyme félin mais on a bizarrement attendu leur troisième album pour vous en parler, sans doute parce que l’équilibre atteint ici nous parle plus. Leur style s’inspire un peu du Jazz mais plus pour l’ampleur et la liberté, le résultat étant souvent ensoleillé.
    Par exemple, Supernatural avec ses soli déstructurés se présente comme point médian entre Portishead et Calexico. Cette dialectique entre soleil et plus de froideur baigne tout cet album et en fait le (...)

  • Giovanni Dal Monte - Anestetico

    Et si on parlait d’un double album de musique électronique largement improvisée ? On est aussi là pour tester des limites aussi, même si ce double album ne vous perdra surement pas. Giovanni Dal Monte a une grande expérience en musique de films (ceux de Bruce LaBruce par exemple), de documentaires et d’expositions d’art et nous propose ici deux volumes pour englober deux concepts, articuler deux arcs.
    Le premier volume fait la part belle au glitch, voire un peu de techno déviante (Komm Tanz Mit (...)