Accueil > Musique > 2008 > Tokyo Police Club - Elephant Shell

Tokyo Police Club - Elephant Shell

mardi 13 mai 2008, par Fred, Marc

Bravo la police


Finalement, et même si ce n’est pas glorieux sémantiquement, c’est plutôt par ce que ce n’est pas qu’il convient de définir Tokyo Police Club. C’est joué par des jeunes énergiques mais ça n’a rien à voir avec l’écœurant punk californien. Ca sonne pop sans pour autant sentir la guimauve. C’est garni d’une prose abondant et bien sentie sans verbiage.

On ne va pas aller jusqu’à dire que plus c’est court mieux c’est, mais la concision est aussi une qualité. Quand un morceau est bon en 2’30’’, il n’est pas toujours nécessaire de le prolonger. Et s’il est plus moyen, c’est vite passé avant de passer à autre chose. Au total, on garde la cohérence du début à la fin et le plaisir n’a pas le temps de s’émousser.

On décèle bien moins d’inclinations new-wave et post-punk que sur l’EP qui leur a valu d’être découverts. Non, ici la direction est clairement celle d’une pop-rock, un rien garage, décomplexée. Graves est un exemple du genre. En quelque sorte, le morceaux que Malibu Stacy rêvera longtemps de pouvoir composer.
Même le clavier sur Tesselate trouve sa place et s’intègre sans dénoter aux côtés de la basse large comme un freeway et de la batterie binaire.

On les sent moins portés sur la mélancolie (The Horrowing Adventures Of…), même si Listen To The Math passe pas trop mal la rampe.

La voix est bien entendu un facteur primordial dans le succès d’un groupe de pop-rock. Celle de Dave Monks fait partie de ces voix reconnaissables, de celle qui ont une empreinte propore, qui marque chacune des chansons.
Loin de réaliser des prouesses vocales, c’est plutôt les inflexions et la rythmique de la diction qui rendent son chant intéressant et enrichissent les compositions du groupe.

Nos horizons musicaux s’élargissant de jour en jour, il nous faudra toujours un album de rock sympa mais pas lobotomisé. Et dans ces cas-là, la concurrence à priori nombreuse doit céder devant les plus talentueux. Dans le genre, Tokyo Police Club pourraient être ceux-là. On conseille donc.

Article Ecrit par Fred, Marc

Répondre à cet article

  • MadSci – Ascension (EP)

    Mêler violon, guitare et les sons électroniques n’est pas une idée vraiment neuve mais on est souvent surpris par la variété et de la nouveauté des résultats. C’est encore le cas avec le second EP du duo montréalais MadSci. Leur nom vient du plaisir à tenter des choses avec le violon de David Piché et la guitare de Michaël Charrette. Il faut dire que les deux comparses ont déjà une belle expérience et ça se sent. Tous les morceaux enregistrés ici ont déjà été présentés sur scène.
    Sur le papier, on pourrait (...)

  • Destroyer - Labyrinthitis

    On ne se lassera pas de L’équilibre entre les découvertes continuelles (oui, envoyez plein de choses) et les retours réguliers d’artistes appréciés. Le premier volet s’auto-alimente presque miraculeusement, le second volet est déjà bien fourni cette année.
    Le rock s’est bâti sur un mythe de jeunesse et chaque vague qui est venu après les origines (Punk, grunge, indie...) a prolongé cet état d’esprit. Quand un rock ’adulte’ a émergé, appelé AOR, c’était aussi un repoussoir, une union contre nature qui il (...)

  • Spencer Krug - Fading Graffiti

    Un premier album solo de Spencer Krug sous son nom propre. C’est étrange que ce soit la première fois. Parce qu’on le connaît depuis longtemps, qu’on relaie la bonne parole du Canadien sous toutes ses incarnations avec Wolf Parade, Sunset Rubdown, Swan Lakeet Moonface, avec ou sans Siinai. Avec les concerts, ce sont 19 articles sur ce site. Bref, Spencer est une vieille et très chère connaissance.
    On est donc en terrain connu même si ce qu’on entend sur ce Fading Graffiti n’est pas identique à (...)

  • Islands - Islomania

    Peu de groupes ont su se forger une place privilégiée dans nos oreilles comme Islands. On a accroché tout de suite le wagon, dès leur premier album, sans connaître les Unicorns. Outre la bonne surprise de leur retour inespéré, il y a eu cette magie du bon album écouté au bon moment. Cet état de grâce n’a pas été constaté à chaque fois mais il a bien eu lieu.
    La formation canadienne a toujours su imposer une coloration à chaque album sans jamais se dénaturer, au point de pouvoir livrer simultanément deux (...)