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Jamie Lidell - Jim

vendredi 13 juin 2008, par Paulo


Hola, un artiste de chez Warp sort un album, il a sa réputation, autant tendre l’oreille. Pourtant à la première écoute, je ne peux m’empêcher de penser qu’il s’agit d’une blague, ce n’est pas de l’electro arrangée au pèle-patate dans la tradition Warp mais un pur album de la Motown, d’un Marvin Gaye, d’un Stevie Wonder ou que sais-je...

Pas d’erreurs pourtant, bien que cela ait le son, les arrangements et la voix de ces anciennes productions, il s’agit bien là du nouvel album de l’ex-SuperCollider qui souhaite (légitimement) s’éloigner de la composition électronique studio et créer avec l’énergie d’un vrai groupe... d’un sens c’est une prouesse mais l’impression est que la direction prise, bien qu’entière , est très "limite" par rapport au positionnement artistique. D’un sens, Jamie Lidell avait déjà pris cette direction avec son premier album Multiply mais restait quand même fortement dans le domaine des beats et autres cuts.

Le problème ici, c’est qu’on a parfois l’impression de se retrouver dans une église baptiste, de se lever, de battre des mains et de chanter des louanges hystériques Another Day, Wait For Me.... Pourtant les arrangements sont bien faits, c’est pur et excellemment bien produit à l’ancienne, c’est même heureux de pouvoir se dire que l’on a la réponse -positive- à cette question : "peut-on encore faire cela aujourd’hui ?". Mais pour répondre positivement à cette question, je préfère personnellement écouter The Last Shadow Puppets pour les superbes arrangements d’orchestration retro d’Owen Palett.

Pour cette direction retro, on peut se demander s’il n’y a pas un effet Amy Winehouse sur le monde de la musique. Mais ici les morceaux comme Wait For Me sont trop similaire à ce style soul classique, avec les mêmes accentuations aujourd’hui dépassés. En 2007, Pop Levi sur Ninja tune m’avait déjà un peu déçu avec son album en proposant de mêmes sensations désuettes. Ici on sait que Warp adopte une stratégie d’élargissement qui a rencontré le succès avec !!! ou les Battles, mais là on atteind le hors-catalogue si l’on veut.

Au début de All I wanna Do, la voix de Jamie ressemble aux vocalises de Patrick Watson, mais bientôt les choeurs nous replonge dans l’univers Soul de la Motown révélant un slow chaleureux, parfois teinté de Lenny Kravitz.

Sur Little bit of feel good, on frôle l’indigestion, un funk cliché des années 80 style Bowie ou Red Hot Chili Peppers...

Hurricane me convient plus, sans être original pourtant, Pop Levi a exploré la voie de ce rock revival vitaminé il y a un an. A noter que la guitare ressemble à celle de Steppenwolf sur le légendaire Born To Be Wild, cela explique peut-être cela.

Sinon répétons-le, cet album est bien fait et on peut penser qu’il sera bien acceuilli par une presse généralisée et qu’il touchera un public plus large et moins averti... et divisera peut-être les fans de la première heure ! voilà les prédictions de Madame Bonne-Aventure !

Article Ecrit par Paulo

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