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Les Fragments de la Nuit - Musique du Crépuscule

mercredi 27 août 2008, par Marc

Musique en quête de film


Que se passe-t-il quand elle rencontre lui pour faire des musiques de films ? Plusieurs cas de figure sont possibles. Soit ils balancent en vrac leurs influences et font un pop-rock frais et inventif (The Do), soit, et c’est le cas de Michel Vilar (piano) et Ombeline Chardes (violon) ils poursuivent dans une veine uniquement basée sur l’ambiance, sans obligatoirement de support visuel mais à haut pouvoir de suggestion. En chemin, ils recrutent deux autres violons et un violoncelle pour former le quintette dont il est question aujourd’hui.

Si tout ne fait pas partie de musique de film (certains le sont), c’est clairement un album qui va jouer sur les ambiances. Question proximité musicale, allez voir du côté de Philippe Glass, mais en moins ‘distant’ (j’ai toujours considéré ce compositeur comme brillant mais un peu froid…), certains Canadiens comme A Silver Mt Zion mais en mois débraillé, voire, quand un morceau se fait plus inquiétant (Entre Ciel et Fer qui illustra un documentaire), les envolées plus lyriques (mais synthétiques celles-là) de la vague Death In June, Current 93. Mais ce ne sont que quelques repères.

Nous avons donc un album purement instrumental. Du piano, des cordes. Mais que pourrait-on ajouter à cette parfois austère mais toujours follement élégante bande-son de nos nuits sombres ? Des voix éthérées qui occasionnellement (souvent quand il y a ‘fée’ dans le titre), viennent apporter plus d’humanité que de véritable enjeu. Dans le contexte des morceaux, c’est judicieux mais le résultat n’est pas ce que je préfère sur cet album. Ce qui séduit par contre c’est le haut niveau mélodique. Après quelques écoutes, vous vous surprendrez à tout reconnaitre, voire anticiper. Cependant, il n’y a pas ici de goût du ‘joli’ comme chez un Yann Tiersen. Les Eaux Dormantes, par exemple sont tout simplement impeccables de mélancolie contenue. C’est d’ailleurs dans l’émotion ne confinant jamais à l’élégie que se situe la plus grande performance de cet album. Devenons demain par exemple est assez intense dans son genre, pas lisse pour un sou ni rugueux d’ailleurs. C’est parce qu’il y a de ces moments d’une émotion supérieure qu’il faut écouter Les Fragments de la Nuit. Le line-up uniquement composé de cordes et d’un piano empêche toute velléité sirupeuse et ce n’est vraiment pas dommage.

Question de goût bien évidemment, mais la nomenclature des titres, du groupe et de l’album, bien que cohérente me semble un brin ampoulée… Mais ce ne sont que détails qui ne gâcheront certainement pas cette balade nocturne. On se prend à rêver d’un backing band comme celui-là. Ne vous mèprenez pas, tout ce qui est ici n’a besoin de rien ni personne pour exister, mais si un groupe de talent venait susciter une collaboration avec ces interprètes de haut niveau, j’aimerais entendre le résultat.

Ces musiques ne cherchent qu’un film pour prendre leur sens. Votre vie fera parfaitement l’affaire si vous voulez mon avis.

C’est via leur myspace que j’ai eu mon premier contact. Faites-en autant.

Article écrit par Marc

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