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Bat for Lashes - Two suns

vendredi 3 avril 2009, par Fred

Désir de perfection


Il n’est jamais trop tard pour réparer un oubli : voilà, c’est fait, je l’ai dit ! Car, bien que Paulo nous ait déjà présenté de manière convaincante Natasha Khan et son projet Bat for Lashes, ce n’est qu’aujoud’hui que j’ai l’occasion de me faire mon propre avis.

En effet, sort ce mois un nouvel album de Bat for Lashes, qui ne me ferra plus négliger une sortie de cette artiste.

Natasha Khan, dont il est ici question, est originaire de Brighton, née dans une famille Pakistano-Anglaise. Elle nous livre un second album, 2 ans après Fur & Gold, nominé à plusieurs reprises au Mercury Price et aux Brit Awards . Ce nouvel album, elle l’a écrit et enregistré en Angleterre mais également aux States.

La première chose qui frappe lorsqu’on découvre Bat for Lashes, c’est évidemment la voix, cristaline, puissante. La tessiture est impressionnante et la demoiselle passera des graves sensuels aux aigus lyriques. Dans ce types de registres, on pensera très souvent à Sinead O’Connor, puis tour à tour à Annie Lennox (Two worlds) ou Tori Amos (Moon on Moon accompagnée au piano). Ces lignes de voix lyriques et épurées se marient tantôt à de délicates lignes de piano, tantôt à un bon beat couvert de nappes vaporeuses. Sur Daniel, premier single, on a donc un chant à mi-chemin entre O’Connor et Lennox, des accompagnements electro symphoniques et retro et une ambiance mélancolique sont soutenu par un beat presque dansant..

Ce qui nous amène au second point intéressant : les rythmiques. Le sujet fait l’objet d’une attention particulière, les beats sont travaillés, touffus. Quelques influences world par ci par là viennent parsemer des plans rythmiques plutôt inspirés du trip hop, voire de l’electro-pop en général. On rappellera au passage que Peter Gabriel avait déjà marié ce type de tessiture féminine à des rythmes world sur Us avec succès.

Un autre bon point se trouve dans l’alternance des ambiances : mélancoliques, méditative, introspectives, minimal, romantiques. Ainsi, moon and moon, nom du groupe de son compagnon de l’époque, est un titre au piano délicat et intense. Two Planets, l’introspectif, quant à lui frappe par la retenue dans les arrangements. Ce n’est pas minimal, c’est juste délicat. Ca évoquera certainement le travail de Bjork.

Au registre minimal, The big sleep, duo avec le chanteur américain Scott Walker clôturant l’album frappe l’imagination ; quelques nappes de piano et deux voix éthérées, fantômatiques pour un morceau sur les adieux. Troublant.

Même si on est au premier abord dérouté par Peace of Mind, chanson guitare-voix folkeuse ,en marge du reste des morceaux, on verra cependant la forme se préciser à mesure qu’elle se déroule. Les références musicales apparaissent alors clairement et s’orientent vers PJ Harvey. Cet interlude élargit le registre de belle manière et présente certainement une piste future.

Siren Song, cri d’amour de Pearl, l’alter ego blonde de Natascha, fait partie des morceaux qu’on retiendra de cet album. On placera également dans cette catégorie Glass, Two Planets et Daniel.
La recette connue du morceau piano-voix délicat évoluant vers une montée en puissance et en intensité sur son refrain est souvent payante. Ici, elle est parfaitement exécutée, avec la sensibilité nécessaire à ne pas le transformer en tarte à la crème. Pearl, cet alter-égo blonde de la brune Natasha, qu’on découvre au dos l’album, intervient apparemment à quelques reprises, entre autres sur Siren Cry and Pearl’s Dream.

Comme c’est le cas pour beaucoup des albums essentiels, ça semble tellement simple et facile que ç’en est énervant ! Comme pour des Cloud Cult , des Radiohead et autres Spoon, les morceaux de Bat for Lashes ne sont pas en apparence complexes, ce qui les rend accessibles. Une écoute attentive révèlera cependant un véritable souci des détails, un désir de perfection sur les rythmiques, les textures et les sons mais qui jamais n’entrave la sensibilité. Ca marche si bien qu’on oublie bien vite tout ça pour simplement apprécier chaque morceau. Et il est bien rare que pas une plage ne me donne l’envie de presser la touche skip.

J’attendais ma première claque de 2009 et bien la voilà.

Article écrit par Fred

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